Environnement
CHANGEMENTS CLIMATIQUES (1):
CLIMAT : AGIR ENSEMBLE OU ÉCHOUER SÉPARÉMENT !
Oxfam publie
un rapport visant à débloquer les discussions sur le climat. Pour qu’un accord
global juste et solide puisse être conclu, les
pays riches ont la
double
responsabilité de réduire leurs propres émissions de gaz à effet de serre et
d’aider les pays pauvres à réduire les leurs.
Dans le rapport
’Agir
ensemble ou chacun pour soi ?’,
lancé ce 11 juin à l’occasion d’un sommet de l’ONU à Bonn, Oxfam prévient que
seuls les pays riches peuvent débloquer les discussions et empêcher le monde de
sombrer dans un désastre climatique.
Les
scientifiques s’accordent pour dire que les émissions globales doivent tomber à
ou sous leur niveau de 1990 d’ici 2020. D’après Oxfam, près de la moitié de ces
réductions doivent se faire à travers l’établissement d’un
’Mécanisme global d’atténuation et de financement’ qui fournirait aux pays pauvres les moyens
nécessaires pour limiter l’augmentation de leurs émissions.
Les pays riches
doivent également tous réduire leurs propres émissions d’au moins 40% en
moyenne (44% pour l’Union européenne) par rapport au niveaux de 2020. Le
rapport d’Oxfam précise combien de pays doivent réduire leurs émissions pour
atteindre cet objectif et montre par ailleurs qu’aucun pays riche n’est près
d’atteindre de près ou de loin cet objectif.
‘
Agir ensemble ou chacun pour soi ?’
propose une réponse à deux sujets à controverse qui bloquent toute
discussion :
Qui doit réduire ses
émissions et qui devrait payer ? Alors qu’un nouvel accord sur le
climat doit être atteint à Copenhague en décembre, les négociations n’avancent
pas.
Les
pays riches sont responsables des trois
quarts des émissions de gaz à effet de serre, mais ce sont les populations les plus pauvres qui en subissent en
premier les conséquences. En Afrique, la raréfaction des pluies dans
certaines régions affecte déjà la production alimentaire, sans parler des
températures en hausse qui favorisent la propagation de maladies.
“
Il faut absolument mettre un terme au
blocage actuel des discussions si nous voulons encore pouvoir éviter une
catastrophe humaine”, prévient Jeremy Hobbs, Directeur Exécutif d’Oxfam
International. ”
Ce sont les pays riches
qui ont causé cette situation ; ce sont eux aussi qui ont l’argent et les
capacités technologiques pour nous en sortir. Cela leur donne une double
responsabilité : d’une part, réduire de manière drastique leurs propres
émissions, d’autre part fournir aux pays pauvres les moyens nécessaires afin
qu’ils puissent limiter eux aussi leurs émissions.”
Le
’Mécanisme global d’atténuation et de
financement’ prévoit l’utilisation par les pays en développement de
l’argent issu de la vente des permis d’émissions de CO2 aux pays riches.
Ainsi, des pays parmi les plus pauvres,
comme l’Ouganda et l’Inde, pourraient couvrir de cette manière 100% de leurs
besoins financiers pour s’orienter effectivement vers un développement à faible
niveau d’émissions. D’autres par contre, comme le Brésil et la Chine – pays
aux économies plus avancées devraient,
en fonction de leurs capacités économiques, financer une certaine proportion
des coûts.
“
Oxfam estime qu’au moins 150 milliards de dollars par an sont
nécessaires pour financer en même temps les programmes d’adaptation et
d’atténuation dans les pays en développement. Ce qui constitue une somme
relativement modeste comparée aux coûts estimés en cas d’inaction – 5-20% du
PIB global, d’après l’économiste Sir Nicolas Stern et carrément ridicule
comparée aux milliards de dollars dépensés récemment pour le sauvetage des
banques,” dit J. Hobbs.
De nombreux pays
en développement ont déjà réalisé des efforts considérables pour la réduction
de leurs émissions et ont montré leur volonté de discuter d’autres actions - à condition que les pays riches
fournissent un soutien financier et technologique. Le Mexique, par exemple,
s’est déjà engagé à réduire de moitié ses émissions d’ici 2050, et la Chine est
actuellement le leader mondial de l’investissement dans les énergies renouvelables
(12 milliards de dollars rien qu’en 2007).
“
Les
réductions d’émissions sont nécessaires partout dans le monde, mais seuls les
pays riches détiennent la clé pour y arriver. Cependant, aucun gouvernement de pays riche ne remplit pour le moment
sa tâche de protéger la population civile d’un changement climatique
catastrophique. Autant pour économiser de l’argent que pour sauver des vies, il
faut agir maintenant,” conclut J. Hobbs.
Pour plus
d’infos : Brigitte
Gloire, chercheuse développement durable chez Oxfam-Solidarité Tél. 02 501 67
53 – gsm : 0494 58 86 06 – bgl(at)oxfamsol.be