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Chers Spiritains et amis,
Ce numéro de notre bulletin spiritain JPIC conserve son style habituel – il nous raconte des histoires. Ce sont, comme d’habitude, des histoires de Spiritains qui accomplissent leurs engagements missionnaires. Ces histoires sont un partage du vécu de chacun, les joies et les peines rencontrées, les rêves et surtout les histoires des peuples qu’ils servent.
Les histoires de ce numéro concernent le thème de la présence. A quoi ressemble la mission lorsqu’elle pénètre dans le monde de l’autre – spécialement dans le monde du pauvre et du marginalisé ? Comment le respect et l’amitié sont-ils fondamentaux pour la présence ? Quels sont les défis, les risques et les questions qui se présentent à qui se rend présent dans le monde de l’autre ? Et nous, missionnaires, comment réagissons-nous, compatissons-nous et échangeons-nous face à la souffrance d’autrui ? Ce ne sont que quelques-unes des questions qui sont posées dans les pages de ce bulletin.
Les situations de présence sont très diverses. Le Pakistan a été souvent évoqué dans les nouvelles des jours récents. Des images de tension, de conflit et de colère émaillent les compte-tendus récents. Pourtant, même malgré les grandes différences et les difficultés culturelles, une de nos histoires, du Pakistan, montre combien la confiance, la considération et l’engagement ouvrent des portes à la vie des gens et des communautés. La présence vécue à travers le contact, le service, la disponibilité et l’empathie – en bref ce que nous décrivons comme " ministère d’amitié ", crée et renforce la confiance et l’amitié parmi les communautés aborigènes d’Australie. Une autre histoire, qui a trait à la présence dans la vie des immigrants et le partage de leurs célébrations, de leur culture et de leurs insécurités, montre comment un Spiritain a vécu le charisme missionnaire de la Congrégation en Europe. La présence présuppose toujours le respect, non moins pour l’environnement et la terre. Cette présence respectueuse apparaît dans une histoire qui souligne les options d’une communauté spiritaine à Stuttgart, en Allemagne.
Notre Règle de Vie spiritaine montre bien qu’en étant présent à la vie et au monde des autres – spécialement à ceux des pauvres et des marginalisés, nous travaillons à notre conversion et nous sommes évangélisés – " Notre présence auprès des pauvres nous fait entendre de façon nouvelle l’Evangile que nous annonçons ; c’est ainsi un appel constant à la conversion et un appel constant à adopter un style de vie simple " (RVS 24.1). En réfléchissant sur les récits de présence présentés dans ce numéro du Bulletin, nous célébrons aussi le temps béni de la naissance de Jésus. Nous rappelons que l’Incarnation est tout d’abord une célébration de la présence – celle de Dieu parmi nous- " Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité " (Jean 1,14).
Que Noël et 2008 vous apporte beaucoup de paix et de bénédictions.
John Kilcrann CSSp.
Service Spiritain JPIC,
Rome
Un ministère d’amitié
Tom Kessy (
tomkessy@westnet.com.au
originaire de Tanzanie ; il a été élu animateur du groupe spiritain d’Australie. Il nous partage son ministère avec les peuples aborigènes à Port Hedland et environs. C’est l’amitié qui est la pierre angulaire de ce ministère auprès d’une population opprimée depuis longtemps.
Il est étrange de penser que nous, Spiritains, nous avons la mission de changer le monde. C’est quelque peu arrogant. Comment un Spiritain comme vous et moi vont ils changer le monde ou y exercer une forte influence sans perdre son identité ? Mon identité comme spiritain est fortement influencée par Luc 4, 18-19. Le Christ, par la plénitude de l’Esprit Saint, prend conscience de son rôle d’instrument de Dieu pour apporter la bonne nouvelle de la liberté aux hommes.
La question la plus problématique dans mon ministère auprès des Aborigènes dans Port Hedland est celle-ci : " Suis-je la Bonne Nouvelle pour eux ? Ma présence est-elle perçue ? Suis-je un ami ? Dans le contexte de la culture et de l’histoire aborigènes, la signification de l’amitié et de la relation est cruciale dans la vie quotidienne. Les Aborigènes sont liés par la relation à la terre, au peuple, à l’histoire, à l’expérience et à tout ce qui existe. Pour établir une relation ou un ministère, l‘amitié est la condition sine qua non.
Une bonne part de l’histoire des Aborigènes de cette région est faite des pénibles souffrances et des brutalités de la part des non-indigènes. Ils ont été tenus pour des sauvages, au-dessous des humains. On leur a tiré dessus, on les a fouettés, empoisonnés, arrêtés, enchaînés, déportés, torturés, emprisonnés et exécutés. Une histoire pleine d’injustices. Bien que les actes discriminatoires n’aient plus cours, le terrible préjudice causé à des générations d’aborigènes a toujours un impact aujourd’hui. Cet aspect de l’histoire de la population de la région de Port Hedland n’est pas toujours reconnu, mais il est vital d’avoir conscience de son histoire douloureuse. Dans son message de liberté (Luc 4, 18-19), avec la force de l’Esprit Saint, le Christ a identifié le cœur des problèmes de sa communauté. Il a probablement appliqué la théorie de l’analyse sociale qui reconnaît qu’il y a bien des choses ‘que je ne sais pas’. De fait, cette théorie, et plus encore l’Esprit Saint, m’ont été d’un grand secours dans mon ministère.
Au cours de mes deux premières années dans la région de Port Hedland, je ne pouvais pas saisir pourquoi ce pays est si important pour les aborigènes jusqu’à ce que, à travers l’utilisation de l’analyse sociale et des questions posées, je soies capable de voir le sens de cette amitié. Un des anciens m’a dit : " La terre est ma mère, Comme une mère humaine, elle nous donne protection, plaisir et s’occupe de nos besoins – économiques, sociaux et religieux. Quand la terre nous est enlevée ou qu’elle est détruite, nous nous sentons blessés parce que nous lui appartenons et que nous en faisons partie. " Un autre ancien a ajouté : " La terre est ma colonne vertébrale… Je me tiens debout, heureux, fier et non pas honteux de ma couleur seulement parce que j’ai encore ma terre. Je peux peindre, danser, créer comme les ancêtres l’ont fait avant moi. " Ce qui s’accorde bien avec l’intégrité de la création dont nous parlons tellement aujourd’hui.
En tant que religieux et spiritain, je me sens privilégié de travailler parmi les aborigènes. Pour me lancer dans une relation, je rentre en contact avec eux, ou au centre commercial ou par des visites dans leurs familles et leurs communautés. Je peux le faire de plusieurs manières : en jouant aux cartes avec eux, en écoutant leurs récits, en réparent leurs bicyclettes de brousse, en apportant le Pain Sacré (la sainte Eucharistie) aux malades et aux anciens, et donnant les sacrements, et participant aux obsèques, en partageant les célébrations de Noël et de Pâques, en valorisant leurs efforts pour retrouver leur langue et leur culture perdues. J’ai commencé à gagner leur confiance et à devenir leur ami. Je dois le confesser, il faut des années pour gagner leur confiance. J’ai beaucoup à apprendre sur les aborigènes, leur histoire, culture, religion, pour arriver à comprendre leur point de vue sur les questions actuelles.
Les conséquences des politiques discriminatoires persistent ; la mémoire des mauvais temps demeure présente aux esprits de la plupart des adultes aujourd’hui. Les histoires de racisme et de discrimination sont passées de parents aux enfants. Ce qui a créé une attitude de méfiance.
Malgré leurs difficultés, les aborigènes participent à la vie de la communauté comme médecins, juristes, universitaires, politiciens et hommes d’affaires. Plusieurs ont un grand respect pour les missionnaires et leur rôle dans leur vie.
Être accueillis dans la vie des peuples
Nos documents mettent l’accent sur la construction de la relation sur la base de la confiance, du respect et de l’amour, part intégrale de notre méthode missionnaire. Michael Liston (mchl_liston@cyber.net.pk), qui travaille avec les populations Bheel, dans la Province Sindh du Pakistan, donne ici un exemple très concret d’une telle méthode en acte.
On pourrait prévenir 80% de toutes les maladies, suivant l’Organisation Mondiale de la Santé. Au cours de nos visites pastorales dans les villages et les centres ruraux, nous voyons quotidiennement des gens qui souffrent de maladies faciles à éviter comme la malnutrition, l’anémie grave,la dysenterie, la malaria la tuberculose, l’hépatite, etc. Nous sommes désolés de la souffrance venant de tant de maladies qui pourraient être facilement évitées ou traitées.
Mirpur Khas est une ville importante de la province Sindh ; elle a une population Bheel importante. J’y ai été il y a 18 mois, et j’ai cherché petit à petit à trouver des chemins pour être à son service. En écoutant et avec l’encouragement de mes confrères, j’ai commencé à chercher des ouvertures où je serais en mesure d’entrer en contact avec quelques Bheel sur des questions de santé ; j’avais eu une expérience dans ce domaine dans mon ministère précédent à Rahim yar Khan.
Les commencements sont habituellement difficiles, et il faut du temps pour créer des contacts et voir comment débuter. Finalement, nous sommes allés en janvier dernier avec une femme Marwari Bheel, Maya, femme d’un ministre protestant, une infirmière et sage-femme musulmane, Shamin, formés par l’administration de la santé publique. C’était un peu risqué au début, l’identité de chacun n’étant pas déterminée au Pakistan par le nom ou la région de chacun, mais par la religion propre. On s’invite alors l’un l’autre à la maison pour partager un repas, clé de l’acceptation, et Shamin mange la nourriture que les villageois Hindi lui ont offerte. Dans cette région de cloisonnements du fait des différences religieuses et ethniques, c’est un signe d’espérance qu’une femme chrétienne de la classe inférieure Hindu, un femme musulmane et un missionnaire étranger sont acceptés par le groupe Hindu Bheel sur le besoin commun de la bonne santé de leurs familles.
Le matin, Maya travaille dans une clinique de tuberculeux et Shamin dans un hôpital ; nous visites prennent place en soirée. Nous sommes introduits dans un village par les connaissances de Maya ou les miennes. Shamin et Maya visitent toutes les maisons et invitent les femmes à se rassembler pour leur donner des informations en matière de santé et acheter quelques médicaments de base à bas prix. Sans ces visites à domicile, peu nombreuses seraient celles qui viendraient écouter des conseils sur la santé, puisque, il faut le souligner, tout ministère efficace dans ce pays se construit sur l’établissement de la relation conduisant à la confiance, au respect et à l’amour (Chap. Général de Maynooth, 1998). Tout cela est fondamental, attendu que les Bheels sont devenus méfiants envers les missionnaires chrétiens qui en ont converti quelques-uns pour les abandonner sans plus s’en occuper, dans le contexte de la nouvelle conscience et du réveil de l’Hindouisme, diffusés par la TV indienne. D’autres doutent de nos bonnes intentions en améliorant la santé et en ouvrant des écoles ; ils les voient comme une manière inéquitable de les tirer de leurs propres croyances religieuses pour en faire des chrétiens.
Malgré de telles difficultés, nous sommes invités à nous rendre dans d’autres centres comme pour de nouveaux développements. Beaucoup de femmes, loin des structures médicales de leur ville, ont bénéficié de conseil prénatal et acheté des médicaments peu coûteux. Nous espérons montrer quelques DVD sur le traitement et la prévention de la tuberculose, l’hépatite, la dysenterie, etc. dans les mois à venir. Trouver le temps opportun pour les visites est un problème, les femmes travaillant dans les champs du matin au soir, quoique retournant un peu autour de midi dans la chaleur avec de l’herbe pour leurs chèvres, vache ou buffle, et pour se reposer. Nous y allons moins pendant les temps occupés par la moisson et la récolte du coton.
C’est un don que d’être accueillis dans la vie des gens. Quand une personne est malade dans une famille, avec en plus les soucis d’un traitement onéreux, c’est une joie pour nous de pouvoir faire quelque chose avec eux et d’aider à prévenir ces maladies. Peut-être notre service désintéressé sera-t-il un petit moyen portant à réfléchir au souci de notre Père pour nous tous.
L’énergie verte – une décision pour un meilleur avenir
Doris Köhncke ( doris.koehncke@web.de) est une Spiritaine laïque vivant et travaillant à Stuttgart, en Allemagne. Elle partage avec nous le processus qui a amené cette communauté à apporter une contribution signifiante à la création d’un environnement plus sûr et plus propre.
Dans la communauté de Stuttgart, en Allemagne, nous avons longtemps réfléchi sur la question de l’énergie appropriée. Depuis que le marché de l’énergie a été ouvert ici en 1998, chaque ménage peut choisir la compagnie qu’elle désire pour la fourniture de l’électricité. Avoir le choix signifie aussi avoir la responsabilité de choisir correctement. Nous avons donc étudié en détail les différentes compagnies proposées. Notre fournisseur dans le temps – EnBW (Energie Baden-Wuerttenberg), est une grande compagnie qui utilise le nucléaire, le kérosène et le gaz ; récemment, elle a aussi contrôlé les approvisionnements en eau de la région.
Nous n’étions pas satisfaits de l’énergie nucléaire, parce qu’elle est impliquée dans une importante problématique. D’abord des déchets du nucléaire : on les jette simplement, surtout en sous-sol, mais le matériel demeure radioactif et risque de contaminer l’eau potable et le sol, et par là la santé publique. Ensuite, le risque d’accidents des réacteurs nucléaires est considérable. Nous pensons en Allemagne aux conséquences de l’accident de Tschernobyl en avril 1986, quand les retombées ont contaminé nos plantes et notre environnement, même à 1700-2000 kms de distance de Tschernobyl. C’est ce qui nous a donné une petite idée de l’immense menace contenue dans l’énergie nucléaire. D’ailleurs il y a toujours l’éventualité d’une attaque terroriste sur un de nos réacteurs nucléaires : elle contaminerait pour toujours tout le pays.
A part de l’énergie nucléaire, les fournisseurs conventionnels utilisent le kérosène et le gaz, et il est bien connu que ces ressources mondiales diminuent rapidement. Le futur, nous le pensons, repose sur les énergies durables comme le soleil, le vent, l’eau, les bio-gaz et autres. En optant pour de semblables sources d’énergie, nous pensons que nous ne préservons pas seulement notre terre, mais aussi que nous investissons pour l’avenir, en créant de nouveaux emplois et en promouvant le développement dans notre pays.
Pour ces raisons, nous avons décidé d’abandonner notre fournisseur conventionnel et de choisir un fournisseur d’électricité qui produit et stimule l’énergie renouvelable. D’ailleurs, il était important pour nous que ce ne soit pas seulement une entreprise commerciale qui fait de l’argent sur les gens de bonne volonté. Nous avons choisi un groupe d’action citoyen qui a fondé une coopérative appelée EWS. Nous aurions désiré devenir ses clients déjà en 2006, mais nous n’avons pas pu renoncer à notre contrat avec EnBW. C’est donc seulement maintenant, à la fin 2007, que nous pouvons changer en faveur de EWS.
Le marché de l’énergie en Allemagne fonctionne comme suit : les différentes compagnies, coopératives et même établissements qui produisent de l’électricité, alimentent le réseau d’électricité allemand, que l’on peut imaginer comme un grand lac. Chaque ménage puise son électricité dans ce ‘lac’. En soutenant la production d’énergie verte, son niveau dans l’électricité du lac augmente, et conséquemment, l’apport du nucléaire diminue.
L’énergie verte n’est pas nécessairement plus chère ; pour les ménages privés, il est parfois moins cher. Dans notre cas, nous aurons à payer 60 euros de plus par mois (sur une facture approximative de 200 euros par mois, correspondant à plus ou moins 10 000 KWh). Il nous paraît valable d’investir ces 60 euros pour un avenir meilleur, plus sûr et durable. Nous ferons aussi davantage d’efforts pour économiser en conservant l’énergie pour le bien de la terre.
Notre rêve était d’avoir des panneaux solaires sur le toit de notre maison et contribuer ainsi à la production d’énergie verte. Mais notre maison appartient au diocèse qui n’est pas intéressé à semblable projet qui entraînerait la rénovation et des investissements dans la maison. Une autre communauté spiritaine, peut-être, pourra réaliser ce rêve !
Célébrer nos différences culturelles
Gaudêncio Sangandu ( garofas66@hotmail.com) est retourné en août dernier dans son Angola natal après avoir travaillé de nombreuses années dans l’Aumônerie Africaine de Lisbonne. C’est un ministère prioritaire pour la province du Portugal. Il décrit ici combien il est fondamental pour son ministère d’apprécier et de célébrer la richesse et la diversité des expressions culturelles africaines que l’on trouve à Lisbonne et environs.
Un des objectifs de l’aumônerie des Africains consiste " à promouvoir une rencontre avec chaque culture de sorte que la foi soit affirmée et que la vie soit donnée ". Avec cet objectif, nous, l’aumônerie des Africains, nous avons été au service des communautés d’immigrants lusophones dans la région du Grand Lisbonne au cours de l’année passée, en mettant en œuvre des activités pastorales et culturelles variées. Les célébrations populaires tout au long de l’année dans les environs divers ont montré combien leur culture est riche et variée. Je voudrais partager avec vous ici quelques-unes des activités les plus marquantes : nommément les célébrations liées aux fêtes de Notre-Dame de la Paix (Nossa Senhora da Paz), de sainte Catherine et de saint Amaro, aussi bien que les célébrations de Dom Settimio, à Crioula, la fête de Pâque des Immigrants et le Jour de l’Afrique.
La communauté de Porto Salvo, dans les environs de Navadores, a organisé la fête de Notre Dame de la Paix le 8 octobre. La musique a été très entraînante toute la nuit. Le moment le plus important de la célébration, ce fut le dimanche, lorsque commença la procession en honneur de Notre Dame. Environ 500 personnes y prirent part avec chants et prières, pendant que la statue de Notre Dame était portée de l’église à un endroit spécialement préparé. Le célébrant principal de la messe était le curé du lieu, le P. José Luis. Pendant l’homélie, il parla des valeurs de la famille africaine et insista sur la nécessité de ne pas perdre ces valeurs familiales si importantes du fait qu’on vit dans une culture toute différente. Un joyeux repas prit place après la messe. Les festivités se poursuivirent au cours de l’après-midi, où une animation culturelle fut offerte par vingt groupes différents.
Plus d’un millier de gens se réunirent dans l’église d’Outurela à Carnaxide pour célébrer la fête de sainte Catherine le 26 novembre. La célébration commença par la messe que, de nouveau, présida le curé du lieu, le P. José Manuel. Une grande tente érigée devant l’église servait d’espace pour le repas et les prestations musicales.
La fête de saint Amaro fut célébrée le 14 janvier 2007 à la paroisse de L’Immaculée Conception de Cacém. La participation à la messe a été excellente ; le P. Manuel Santana, Spiritain, la présidait. Le repas festif et partagé vint ensuite dans les locaux paroissiaux. Un des moments mémorables, ce fut lorsque des groupes variés montèrent sur scène pour faire connaître les différentes cultures présentes. Des groupes de danse, de batteurs et des artistes offrirent des spectacles aux participants.
La commémoraison de Don Settimio Ferrazeta, premier évêque de Guinée-Bissau, prit place à la paroisse de Campo Grande, le 26 janvier. Il y eut une messe, puis une conférence et un repas. Le sous-sol de l’église était beaucoup trop petit pour recevoir les centaines de gens qui vinrent entendre la conférence donnée par le Dr João Tatisá et le P. Gaudêncio Sangando.
La paroisse de Bucara, aux environs d’Amadora, fut le théâtre des " Célébrations des Races ", le 18 février 2007. Les festivités du jour débutèrent par une messe animée par un chœur de la communauté du 6 Mai. C’était Dex-Steve Goyeho, Spiritain, qui présidait la messe. Le repas fut servi dans les jardins ; ce fut un événement très fraternel et très convivial ; chacun partagea les aliments qu’il avait apportés. La salle paroissiale était petite quand il s’est agi de recevoir les spectateurs pour la représentation culturelle. Danse, rythme et musique se prolongèrent toute l‘après-midi.
La Pâque des Immigrants a été célébrée dans l’église de Campo Grande à Lisbonne le 15 avril dernier. A cours de cette messe spéciale, sept nouveaux chrétiens reçurent une nouvelle naissance dans les eaux du baptême. Après la célébration eucharistique, la fête continua dans la salle paroissiale.
Le 25 mai le Jour de l’Afrique était célébré dans les communautés africaines variées de la région du Grand Lisbonne avec un grand éventail d’activités religieuses et culturelles. A l’Université Catholique, les étudiants africains organisèrent des festivités comprenant une conférence, une messe et des activités culturelles. Voici les thèmes débattus pendant la conférence : " L’Afrique en route vers l’avenir " et " Comment revenons-nous ? " Le dernier débat était orienté vers les offres de travail proposées aux diplômés africains. Des intervenants ont donné une image très positive du continent africain ; ils ont souligné que l’Afrique avait un avenir, qu’elle n’était pas perdue ni à la dérive. Vers la fin de l’après-midi, il y eut des festivités africaines et des rencontres culturelles.
Traduction : Christian de Mare CSSp
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Bulletin Spiritain de Justice et Paix
Mai 2007
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Mai 2007
Chers confrères et amis,
Ce bulletin a été préparé quelques
jours avant une importante réunion spiritaine. A cause des délais requis pour
la traduction, vous le recevez après la fin de la réunion. Celle-ci a pris
place à Durban, en Afrique du Sud, du 15 au 29 avril. La plupart de nos
confrères spiritains qui travaillent avec les demandeurs d’asile, les réfugiés
et les populations déplacées y ont échangé leurs expériences ; ensemble,
ils ont prié, rêvé et fait des plans pour l’avenir de notre engagement et de
notre présence spiritaine parmi cette part d’humanité, trop souvent oubliée et
négligée.
Il est probable que vous recevrez
d’autres rapports du Généralat à propos de cette importante réunion, mais dans
ce numéro du bulletin JPIC, nous désirons ouvrir un espace aux confrères qui
travaillent avec les réfugiés, les
chercheurs d’asile et les populations déplacées, pour qu’ils puissent partager
un peu de leur travail. Nous y avons inclus des extraits de rapports préparatoires
de trois confrères qui s’emploient à ces tâches en France, en Tanzanie et en
Mauritanie.
Plusieurs caractéristiques lient
entre eux tous les rapports préparatoires qui décrivent plusieurs des aspects
importants de JPIC pratiqué par des Spiritains. Tous décrivent des situations
de grandes souffrances, insécurités et injustices. Les Spiritains travaillant
dans ces situations ont entendu le cri de détresse d’individus et de groupes
(Ex 3,7-9). Ils sont allés généreusement vers les gens qui vivent ces situations,
même si, trop souvent, ils n’avaient que peu de ressources ou peu de formation
spécifique pour ce ministère. Ce qu’ils offrent de bon cœur, c’est leur foi,
leur présence et leur cœur, la bienvenue, un encouragement, le partage du peu
dont ils disposent, tout comme l’établissement de contacts et d’une communauté.
Leur façon de faire s’appuie sur une foi solide que leurs efforts valent
vraiment la peine ; que la valeur de leur ministère ne se mesure pas à des
résultats spectaculaires, et que le relèvement de la dignité de chaque personne
humaine, même brisée ou ignorée, est au centre de leur mission.
Entendre les cris des
malheureux et les rejoindre décrit bien aussi le ministère d’autres Spiritains
présentés dans ce bulletin. Leurs contextes et leurs ministères sont variés
- les sans abri des rues de Chicago, ceux qui restaurent l’équilibre
écologique dévasté par la pauvreté qui écrase ; éduquer les gens dans la
dignité de chaque personne, aider le réseau des groupes de base à affronter les
problèmes de leur vie et de leurs communautés au niveau international et
s’engager dans les efforts pour donner force à la voix des pauvres à travers
les instances de pression aux Nations Unies. Par toutes sortes de démarches,
toutes ces activités du ministère constituent un panorama très riche et varié
du ministère des Spiritains aujourd’hui. Le titre du livre récent de Tony
Gittins, présenté plus bas dans ce bulletin, résume bien cet engagement
spiritain en JPIC : où il y a de
l’espoir, il y a de la vie.
Puissions-nous être,
nous tous, un peuple d’espérance et de foi en la vie !
En attendant de continuer la route
Jérome Dukiya ( dukiyao@yahoo.fr) fait partie du groupe qui s’occupe des migrants à
Nouadibhou, en Mauritanie. Beaucoup cherchent à entrer finalement en Europe.
Malheureusement, Jérôme a eu des difficultés de visa et n’a pas pu participer à
la réunion de Durban. Ce qui suit est un abrégé du rapport qu’il a envoyé.
Nouadhibou, capitale économique de
la Mauritanie, est un pôle d’attraction où se retrouvent de nombreuses
personnes à la recherche d’un travail. La population dont le nombre ne cesse de
croître (naissances et arrivées massive d’étrangers) est d’environ 120.000
habitants, vivant essentiellement des activités de la pêche et de la SNIM
(Société Minière ).
Les conditions de vie de la majorité
de la population de Nouadhibou sont très difficiles. Cette situation d’extrême
pauvreté s’accentue avec la baisse des revenus au niveau local, conséquence
d’une activité de pêche essentiellement tournée vers l’exportation d’une part,
et d’autre part de l’exploitation anarchique des richesses maritimes qui mène à
l’épuisement progressif des réserves.
Le nombre d’étrangers est estimé à
10.000 personnes, à 95% d’origine subsaharienne. Si certains arrivent avec des
contrats de travail (asiatiques, européens, quelques africains), la majorité
africains, arrivent à Nouadhibou dans la perspective de continuer leur périple
vers l’Europe. On rencontre aussi à Nouadhibou des réfugiés, au nombre de 350
environ : sierra - léonnais, libériens, sahraouis, congolais, Ivoiriens,
etc…
En attendant sa chance, le migrant
cherche à travailler, tout d’abord pour se nourrir, et se loger, mais aussi
pour amasser la somme nécessaire qui lui permettra de poursuivre son voyage
hypothétique. Mais en réalité, pour la quasi totalité d’entre eux, Nouadhibou
(« bouchon » dans la langue locale) se révèlera être une impasse.
Ces migrants venus d’horizons divers
sont confrontés à d’énormes problèmes d’adaptation sociale, économique et
culturelle. Lors d’une réunion avec nous en Décembre de l’an passé, certains
d’entre eux énuméraient leurs principaux problèmes : sentiment de rejet et
d’insécurité dans la vie courante comme au travail, difficultés pour se loger,
pour accéder aux soins, pour scolariser leurs enfants, pour épargner leur
argent…Rares sont ceux qui possèdent une qualification, la majorité vivant des
petits métiers liés à la construction.
Les Spiritains (de la paroisse
catholique de Nouadhibou) se sont déjà
montrés très actifs pour les aider. Afin d’atténuer leur isolement et leur
solitude, ils ont ouvert un modeste lieu de convivialité, d’échanges, de
loisirs et d ‘informations. Ils ont
également démarré un système de boîte à lettres qui permet une épargne
accessible et sécurisée.
Notre communauté chrétienne est
formée dans sa presque totalité d’un bon groupe de ces hommes et femmes en
quête d’un mieux être social. Les autres se départagent dans les autres églises
disponibles ou sont musulmans.
La paroisse ,se montre très active
pour accompagner et aider ces personnes. Pour cela plusieurs activités ont été
mis en place à leur intention :
1)
L’alphabétisation en plusieurs langue : anglais, français et espagnol.
Elle a pour but de leur permettre une meilleure communication et ainsi une
meilleure adaptation. Nous sommes aidés par l’un ou l’autre coopérant de passage
sinon, nous sommes obligés d’embaucher un enseignant. Ce qui nécessite des
frais.
2)
Par des micro-crédits (individuel ou par
petit groupe,) nous voulons leur permettre de mettre en place de petites
activités génératrices de revenus. De cette façon, ils peuvent subvenir aux
besoins élémentaires de chaque jour. L’un ou l’autre parvient ainsi à s’en sortir et à faire même quelques
petites économies.
3)
Nous disposons aussi pour eux d’une boîte postale,qui leur permet de rester en
contact avec la famille et leurs amis, mais aussi d’une petite caisse à épargne
pour leurs économies. Ainsi ils viennent récupérer le courrier aux heures de
permanence. Ceci constitue de moments de rencontre avec les responsables de la
paroisse pour des échanges ou des
confidences.
4) Nous disposons de quelques petites chambres
que nous mettons à la disposition de l’un ou l’autre nouvel arrivant le temps
qu’il retrouve un membre de famille ou soit accueillie par sa communauté
d’origine.
5)
L’aide médicale est presque aussi un problème quotidien : honorer les
ordonnances à la mesure de nos
possibilités car nous ne disposons d’aucun fond pour cela. Les sœurs
travaillant à l’hôpital, essayent aussi de leur favoriser l’accès aux soins dans
les divers services.
6)
L’assistance légale et même juridique à travers les relations avec les
autorités (gendarmerie, police et avocat dans certains cas) est un autre
élément de notre présence à cette population.
7) Conférences débats sur différents thèmes
(SIDA, MST, dangers de m’immigration)
8) Formation à quelques petit métier et la gestion d’une maison tel que: couture,
teinture, cuisine, repassage … etc.
9) Centre de formation pour les femmes en
difficultés (prostituées).
10)
Enfin, nous sommes aussi pour les cas de rapatriements volontaires ou forcés
(évacuations sanitaires, expulsions du territoires) au niveau financiers ou
pour des papiers (certificats de baptême ou de bonne conduite) qui leur
facilitent le voyage.
11)
Activité sociale, Dance, Football, Télévision, animation musique… etc.
Nous sommes confrontés dans ce désir
d’aider ces populations à d’énormes difficultés financières. En effet plusieurs
activités ont été pris en charge pendant un temps par Caritas Mauritanie qui
depuis 2003 a mis fin à ces activités. Nous fonctionnons maintenant sur
certains dons ponctuels d’amis en visite. Vu l’immensité des besoins toute
d’aide de quelques nature que ce soit est la bienvenue.
« Moments de grâce »
Gervase Tatatara (gervasetaratara@yahoo.com)
a préparé un rapport détaillé pour la réunion spiritaine internationale de
Durban. Ce qui suit est une version révisée du rapport, et décrit en
détail le ministère de grande valeur dans lequel nos confrères se sont engagée
dans les camps de réfugiés en Tanzanie.
Depuis dix ans, le SRS (équipe
spiritaine pour les réfugiés), s’est occupée des réfugiés qui sont le produit
d’une longue et sale histoire. En juillet 1995, quand les camps furent fermés
aux réfugiés rwandais dans le diocèse de Rulenge, où nous avions travaillé pendant près de deux ans, j’ai suggéré à
l’évêque, Mgr Ruzoka, de prendre contact avec notre provincial à Arusha pour le
service des réfugiés dans son diocèse. Au début 1995, alors que j’attendais
d’être ordonné, j’ai participé à la formation de la Caritas Kigoma, laquelle
devait devenir une organisation diocésaine responsable du service des réfugiés
qui s’accumulaient en provenance du Burundi, du Rwanda et du Congo.
Les
réfugiés dont nous avons été chargés, avaient fui directement le Burundi. La
majorité venaient des régions de l’ouest, du sud et de l’est du pays. Trois
facteurs devinrent germes de profondes divisions 1) Beaucoup de gens qui
avaient des us et coutumes différentes se sont trouvés soudain vivre ensemble
dans des camps surpeuplés et étroits. 2) Le syndrome Nord-Sud qui surgit de la
conviction des Burundis du nord d’être en situation d’autorité, ce qui avait
été assumé auparavant par les gens du sud. 3) La tension entre ceux qui voulaient
user de la force et ceux qui préféraient la diplomatie comme la manière de
résoudre ce long confit qui a éclaté en 1993.
Notre ministère a consisté en partie
à faire les intermédiaires et résoudre le conflit dans les camps, et hors des
camps. Nous avons organisé des séminaires d’éducation à la paix dans nos camps,
d’abord pour nos chrétiens, et nous avons invité des personnes de tendances
antagonistes pour qu’ils transmettent à leur tour les messages à ceux qui
étaient de leur bord. Ces séminaires ont créé une atmosphère de confiance entre
les personnes qui avaient été séparées, aussi bien qu’entre les groupes
antagonistes. Nous avons aussi rencontré des Burundis qui vivaient en dehors
des camps, mais y exerçaient de l’influence. Nous leur avons demandé de
travailler pour l’unité, et non pour la division.
C’est en 1998 que des sérieuses
négociations pour la paix au Burundi ont atteint leur plein. J’ai rencontré
plusieurs membres de l’équipe de médiation ainsi que des experts de la
communauté internationale. Je leur ai demandé d’inviter aux entretiens pour la
paix non seulement des représentants des camps, mais aussi d’autres groupes non
politiques de la société civile, et ma demande a été reçue. J’ai aussi
rencontré des Burundis ; ceux qui représentaient le gouvernement qui
s’était juste mis en place par la force, et ceux aussi qui avaient été écartés
du pouvoir. J’ai aussi rencontré l’opposition des Hutus et des Tutsis. Mon
message à leur adresse a été simple : il faut qu’ils travaillent à une
solution durable et acceptable pour tous. Je leur ai demandé de voir les temps des négociations comme un moment
de grâce qui ne doit pas se terminer sans porter des fruits - cette paix
que tous les Burundis attendent.
En réalisant que la politique des réfugiés,
qui restreint les crédits officiels pour l’éducation à l’égard de l’éducation
primaire, allait créer un déséquilibre entre les enfants restés dans le pays et
ceux en exil, nous avons fait appel aux décideurs, à travers les bureaux locaux
de l’Unicef et les services des ONG de la Communauté, pour reconnaître et
soutenir les initiatives mis en train par les réfugiés eux-mêmes pour assurer
l’éducation primaire. Nous avons demandé au Haut Commissariat des Nations-Unies
pour les Réfugiés de donner des certificats aux candidats qui ont terminé
l’école post-primaire, et que ces certificats soient reconnus comme
d’authentiques documents scolaires. Nous avons fait une demande directe à
Misereor pour financer la construction de bibliothèques dans les trois écoles,
et un salaire pour les trois enseignants.
Nous sommes devenus le pont
entre les réfugiés et quelques organismes charitables comme Voisins Sans Frontières et Foncaba, qui désiraient beaucoup
soutenir l’éducation post primaire, mais n’avaient pas l’autorisation d’entrer
dans les camps de réfugiés. Ils ont pu fournir de l’argent pour des salles de
classes, du matériel éducatif, des salaires pour les enseignants. Grâce à leurs
donations, on a créé un système d’éducation français semblable à celui du Burundi,
pour permettre à ceux qui vont y retourner de s’inscrire dans le système
scolaire Burundi. Outre ces initiatives, dans une lettre ouverte aux
négociateurs pour la paix au Burundi, nous avons fait appel aux politiques pour
qu’ils reconsidèrent leur politique de financement restrictif pour l’éducation,
que nous tenons pour préjudiciable à une vraie paix.
Nous nous sommes aussi employés à
une pratique régulière des sacrements. Nous travaillons à construire des
relations mutuelles entre les communautés d’accueil et celles des camps. Nous
avons travaillé avec l’Eglise du Burundi à travers la Commission Mixte pour les
Réfugiés, pour recommander le rapatriement progressif des réfugiés et les visiter dans tous les camps de Tanzanie,
aussi bien que dans ceux des populations déplacées au Burundi.
En regardant les douze années
écoulées depuis le début du ministère des réfugiés, particulièrement les dix
années de ministère parmi les réfugiés Burundi, je suis convaincu qu’elles ont
consolidé notre expérience. Elles devraient nous aider à discerner s’il nous
faut nous tourner vers la tâche de la construction de la paix et de la
réconciliation au Burundi, de sorte à soigner les blessures historiques de ce
pays et de prévenir le possible retour d’un conflit destructeur ; ou bien
si nous avons à continuer notre ministère auprès des réfugiés en dehors du
pays. Selon la plupart des confrères, l’une et l’autre options seraient
possibles. Nous encourageons ceux qui sont dans ce type de ministère de nous
venir en aide, pour que nous puissions être les instruments de Dieu pour la
paix au bénéfice du peuple du Burundi.
« J’étais un
étranger et vous m’avez accueilli »
L’Europe est trop souvent une lieu froid, difficile et peu accueillant
pour ceux qui arrivent comme réfugiés, chercheurs d’asile et migrants. Michel Thomas (michelthomas2004@yahoo.fr) décrit
les efforts d’accueil des Spiritains en faveur des ceux qui arrivent à Rennes,
en France.
Je suis à Rennes, dans l’ouest de la
France. La population étrangère est moins nombreuse que dans certaines autres
villes française, mais elle a augmentée ces dernières années. Depuis plus de
trois ans je milite au sein d’une association dénommée « Relais
étrangers », c’est une association aconfessionnel qui regroupe une
trentaine de membres tous bénévoles. L’association a pour objectif d’accueillir
et de défendre les droits des étrangers. Notre mission peut se résumer, si tant
est que l’on puisse enfermer l’accueil en quelques mots, en accueillir,
écouter, conseiller, accompagner.
La permanence(sans rendez-vous) est,
pour une majorité de personnes, la manière de prendre contact avec relais
étrangers ; c’est souvent par le bouche-à-oreille mais aussi de plus en
plus souvent orientées par les services sociaux, la mairie, les associations
que les gens viennent nous voir. Le premier contact permet d’évaluer l’urgence
de la demande. Le travail de fond se fait ensuite lors d’entretien ultérieur.
En effet les situations que nous rencontrons ne sont pas toujours facile à
résoudre, et cela d’autant plus que les lois sur l’émigration changent souvent
et sont de plus en plus complexes. Nous rencontrons souvent des personnes qui
sont « sans papiers », vivant dans la clandestinité depuis déjà un
certain temps, leur régularisation est parfois périlleuse, parce que en se
signalant aux autorités, ils risquent l’expulsion.
Nous disposons d’un fond
documentaire important sur la législation au sujet des étrangers qui nous
permet de trouver des solutions, mais malgré tout nous sommes régulièrement
confrontés à des situations complexes pour lesquelles aucune solution véritable
n’est envisageable dans l’immédiat et l’issue des démarches que nous pouvons
suggérer reste incertaine face à une réglementation de plus en plus restrictive
et des administrations soumises à l’autorité de l’Etat. Nous accompagnons les
personnes dans les différentes démarches auprès des administrations, cela nous
semble important ; les personnes accueillies, dans une situation sociale
et juridique fréquemment précaire, parfois très mal en point sur la plan
physique et psychologique, se sentent rassurées, restaurées dans leur dignité
malmenée, même si nos démarches ne sont pas toujours couronnées de succès.
Pour
les problèmes sociaux (santé- logement…) nous travaillons en partenariat avec
d’autres associations spécialisées dans ces domaines.
Ma présence au sein
de l’association « Relais Etrangers » est appréciée à cause de mon
expérience de l’Afrique (28 ans au Cameroun). Plusieurs membres s’adressent à
moi quand ils rencontrent des africains qui sont en situation difficile ou
délicate.
Je participe
également à la pastorale diocésaine des migrants. Avec ce groupe nous
sensibilisons les communautés paroissiales à l’accueil des migrants, nous les
aidons également à réfléchir sur les dangers de la politique migratoire de la
France, surtout en cette période de campagne électorale où le problème de
l’émigration est encore assez sensible.
La communauté
spiritaine de Rennes est également un lieu d’accueil et de rencontre
particulièrement pour les africains. Nous avons des célébrations liturgiques
spécifiques pour les chrétiens venant d’Afrique et surtout nous les aidons à
s’intégrer dans les paroisses où ils prennent une place de plus en plus importante.
Nouvelles et
information fraîches
« Où il y a de l’espoir, là est la vie »
Tony Gittins ( anthonygittins@aol.com) a enseigné la théologie au Catholic Theological Union de Chicago au
cours des dernières vingt années. Depuis les dernières années de 1970, il a
travaillé comme volontaire dans les abris pour les sans-domiciles de Chicago –
surtout dans les abris pour femmes. Dans son livre récent - Where
There’s Hope There’s Life: histoires de femmes sans abri et leur survie, avec
réflexions théologiques et pastorales (Liguori, 2006), Tony nous emporte
dans le monde des femmes sans-abri où il a travaillé des nombreuses années
durant.
La long de chapitres distincts, Tony
offre à douze femmes de partager leur vie en profondeur ; elles racontent leurs histoires personnelles,
elles esquissent leurs rêves et parlent de leur foi à un niveau aussi profond
qu’intime. En bref, donne force à la voix des femmes sans abri. Il s’appuie sur
leurs histoires pour construire une réflexion théologique très riche dans le
contexte tout à fait missionnaire de la vie quotidienne des sans abri. De
cette manière, Tony a porté à
l’attention des lecteurs une théologie informelle à partir de situations de
souffrances et d’injustice qui fait rarement place à une théologie académique.
Le livre questionne aussi, de ce fait, les lecteurs sur les méthodes et les
attitudes dans le service des pauvres.
Les lecteurs spiritains feront
aisément le lien entre ce livre et nos récents documents. Par ex., il décrit
très bien la démarche pastorale et missionnaire que nous ont recommandé nos
chapitres généraux récents : trouver le sens et l’énergie pour la mission
en étant présent activement et respectueusement à la vie des gens que nous
servons, spécialement à la vie des pauvres. Nous trouvons aussi dans ce livre
une très riche spiritualité. Tony nous confie comment la vie et le partage des
femmes sans abri l’ont aidé à questionner ses propres valeurs et sa propre
spiritualité. A travers son livre, de façon informelle, il
nous livre à nous tous qui travaillons à la mission, une feuille de
route : elle nous indique comment nous pouvons, nous aussi, élaborer notre
spiritualité, en même temps propre et tout à fait spiritaine, en entrant dans
le monde des pauvres.
Blog sur la dignité de la personne humaine
Neil
McQuillan ( neilmcq@hotmail.com),
de Puerto Rico, avec l’aide de ses
étudiants, a récemment élaboré un « blog » sur le thème de la dignité
de la personne humaine » en espagnol. On peut le trouver à : http://dignidads.blogspot.com/. Il
contient de récents documents de l’Eglise relatifs à la dignité de la personne
humaine ainsi que des critiques d’articles publiés dans des revues théologiques
qui touchent de quelque manière à ce thème. On peut adjoindre des commentaires
sur tous les sujets traités.
Neil dit que « le blog en est
encore à ses débuts, mais j’espère de le faire croître régulièrement. Mes
étudiants satisfont à une partie de ce
qui leur est demandé pour un cours de théologie que je donne à l’Université
Catholique, en chargeant le blog des reprises de critiques qu’ils font pour le
cours. »
Peut-être avez-vous créé quelque
chose de semblable – et si c’est le cas, s’il vous plaît, faites le nous savoir
contactez cspjupax@tin.it, svp.
« Un
autre monde est possible »
Le
Forum Social Mondial (WSF) a pris place à Nairobi, au Kenya, à la fin janvier.
John Mahon (johnmahon@hotmail.com) y a pris part avec des membres du groupe avec lequel
il travaille. Ce qui suit est son commentaire sur cet événement.
Je suis l’un des trois confrères auxquels on a demandé de représenter la
Congrégation au récent Forum Social Mondial, à Nairobi (20-26 janvier). J’ai
fait plusieurs essais d’inscription par internet, mais ce fut un échec à chaque
fois, tellement l’organisation de l’événement était chaotique. Les Kényans
pauvres sont restés dehors ; ils ne pouvaient pas le droit d’entrée de 500
shillings (6 euros, 7 $USA) au stade international Moi, où étaient programmés
beaucoup de rencontres. Quelques jeunes se sont débrouillés pour avoir une
entrée aux lieux de rencontre et à la consternation de quelques 50.000 délégués
étrangers, ils se sont livrés au pillage de la nourriture du magasin d’un hôtel
de luxe.
Le Forum Social Mondial est fait
pour être un lieu de rencontre pour réfléchir à des problèmes tels que le
réchauffement global, la désertification, les abus contre les droits de
l’homme, les taudis urbains, le sida, la pauvreté, le manque d’éducation
primaire partout, les accords en matière de commerce mondial, la situation
grave des éleveurs, l’effacement de la dette, etc. qui affectent les peuples
les plus pauvres du monde. Le Forum cherche à ouvrir des voies pour amener à un
ordre social plus équitable (« Another
World is Possible ») où la société détermine son propre programme
économique. C’est le contraire d’une approche néo-libérale qui voit le capital
comme le décideur de la manière dont la société doit évoluer, et donc se plier
à l’assemblée commune des huit nations les plus riches, réunies à Davos, en
Suisse. Nairobi devait être la première réunion plénière du Forum en Afrique.
Il me semble que le modèle du Forum
était étranger aux Kényans, dont 70% vit au-dessous du seuil de pauvreté. La Forum rassemblait au spectacle d’un route
touristique avec des acteurs, leurs attractions répétées à l’avance et données
en spectacle dans des salles occupées par des ONG subventionnés, par
l’administration publique et par des agences de la société civile.
Spontanément, les pauvres de Nairobi organisèrent un autre forum sur une place
du centre ville, où tout le monde pouvait entrer et le débat était animé sur
les problèmes de faim, de logement et de manque d’emploi. On avait laissé à
l’Eglise le soin faire connaître aux
visiteurs délégués les mouvements authentiquement populaires et leur vitalité.
A travers Kutoka (Exode), un réseau
de 18 villes aux paroisses de bidonvilles, l’Eglise catholique a invité les
délégués du Forum à être témoins de la variété des activités des bidonvilles et
à des célébrations eucharistiques dans cet environnement. Les réponses de foi
de la communauté aux problèmes tels que la réhabilitation des enfants de la
rue, la honte du Sida, les petites ressources qui génèrent des activités, la
jeunesse et la justice, les droits des femmes, les oppositions tribales,
l’amélioration des bidonvilles, les expulsions et démolitions, la terre et le
logement, ont fait connaître la situation précaire des habitants des
bidonvilles aux délégués du WSF. Sans l’engagement de l’Eglise catholique, très
peu d’initiatives de la base auraient été connues. Je devrais aussi dire que
les paroisses bidonvilles sont presque exclusivement aux soins des
congrégations missionnaires d’hommes et de femmes. Sur ces questions de JPIC,
l’Eglise missionnaire montre visiblement la route à la société Kényane et à
l’Eglise locale.
Mulunga Peter (pmulyanga@yahoo.co.uk)
faisait aussi partie du groupe spiritain au Forum Social Mondial. Il a préparé
un rapport très détaillé des événements. Ce qui suit est une version révisée de
son rapport.
Les
Spiritains qui ont participé aux WSF ont salué les circonscriptions
suivantes : le P. Chissengueti Belmiro Cuica de la province d’Angola, les
PP Mulyanga Peter et John Ngobi de la Province d’Afrique de l’Est, le P. John
Mahon du district du Kenya et Leobardo Mecalco (étudiant spiritain en stage) du Groupe international de
Mexico. Le WSF a exercé une pression, il a été un défenseur ; il avait
pour thème « Un autre Monde est
Possible ». Avec ce genre de thème en tête, nous, Spiritains, nous
avons eu une large opportunité d’exprimer notre solidarité, de bénéficier de
l’action collective et de développer des initiatives pour la société civile où
nous travaillons.
Nous avons participé au WSF de
différentes manières. Par ex., il y avait beaucoup d’activités organisées au
niveau des bidonvilles dans la banlieue de Nairobi, grâce à un groupe connu
comme le réseau Kutoka (c’est-à-dire Exode), ensemble avec la Coalition pour la
Terre et le Logement, et d’autres partenaires. Le réseau Kutoka est un
rassemblement bénévole d’équipes de chrétiens qui travaillent parmi les gens
vivant dans plus de 200 bidonvilles de Nairobi. Ces bidonvilles accueillent 2
millions et demi des 4 millions qui s’entassent dans simplement 5% de la ville.
Le dimanche 21 janvier, un bon nombre de Spiritains délégués choisirent de
rejoindre des délégués du WSF à la célébration eucharistique dans une paroisse
bidonville, l’église catholique du Christ Roi, à Kibera.
Le lundi 22 janvier 2007, trois
Spiritains d’entre nous, avec une centaine d’autres religieux et missionnaires,
nous participions à une conférence organisée par le Réseau Afrique-Europe Foi et Justice (AEFJN). Elle était offerte
par sa coordinatrice, Sr Begona Innara MSOLA, en anglais et en français. AEFJN
est un réseau international basé sur la foi, mandaté par 48 Instituts de
religieux et religieuses catholiques (y compris les Spiritains), et travaillant
en Afrique et en Europe. Sa fondation remonte à 1988, pour promouvoir des
relations économiques équitables entre l’Afrique et l’Europe. Il est basé à
Bruxelles, en Belgique.
Avant le début du WSF, nous avons
aussi participé au Forum Mondial pour la
Théologie de la Libération à la communauté carmélitaine de Lang’ata, à
Nairobi. C’était le second forum de ce genre ; il a pris place du 16 au 19
janvier 2007. Il avait pour thème : Spiritualité
pour un autre monde possible. Il y avait environ 450 délégués, y compris
des théologiens professionnels, hommes et femmes, de différentes dénominations
religieuses, engagés dans des groupes et des mouvements sociaux qui luttent
pour le développement et la libération. Ensemble, ils ont participé et
donné plusieurs présentations sur la
foi, l’expérience sociale ; il y a eu aussi des conférences académiques.
Les Spiritains ont aussi fait une contribution signifiante à ce forum en
invitant un couple musulman – Mr Abdalla Nginyanga et Mme Amina Galgalo ;
ils ont organisé avec eux la présentation de deux forums.
Des
enfants qui protègent l’environnement.
Dans le numéro de mars de « Kibanda projet », Jean-Yves
Urfié (jyurfie2003@yahoo.fr) décrit
son travail avec les écoliers pour protéger l’environnement dans la région haïtienne de Kenscoff.
Pays essentiellement montagneux,
Haïti est presque totalement déboisé, avec une couverture végétale de moins de
2%. La majeure partie des Haïtiens vit à la campagne, avec le revenu moyen par
habitant le plus bas des Amériques (environ 300 $ par an) et une densité de
population extrêmement élevée (8 millions d'habitants pour 28.000 km 2).
Les ressources naturelles ne suffisent pas à la survie de tous. Ils en sont
même parfois réduits à couper les derniers arbres pour produire du charbon de
bois. L'indice de sécurité alimentaire est l'un des plus bas, puisque prés de
75% du riz, base de la nourriture haïtienne, est importé. En ville, plus de la
moitié de la population est sans emploi.
La dégradation de l'environnement
dans les environs de Port-au-Prince requiert des mesures radicales. La
dégradation des sols, due à la perte de l'humus emporté par les pluies
torrentielles vers les rivières et la mer, semble impossible à juguler. Ceci
entraîne de plus en plus les paysans vers les bidonvilles, et même vers les
risques pris par les boat people qui recommencent à prendre la direction des Bahamas
et de la Floride.
Pour la région de Kenscoff, qui
comporte encore quelques îlots de végétation; on notera que le fleuve Rouyonne
y prend sa source, mais il inonde périodiquement la région de Léogane, par
suite du déboisement incontrôlé.
La stratégie choisie vise à trouver
les voies et les moyens de réalisation du programme en accord avec les
associations rurales et les écoles participantes. On favorise l'implication des
écoliers et des étudiants dans les activités régulières de sauvetage de l'environnement,
par l'usage des espèces agro forestières locales, en vue d'augmenter la
couverture végétale des communautés rurales et urbaines. La participation des
bénéficiaires est essentielle afin qu'ils déterminent eux-mêmes les espèces à
planter, espèces qui soient adaptées à la fois à leur expérience et à leur
besoins économiques.
J'ai effectivement fait une
expérience avec un groupe réduit d'enfants des écoles. J'ai commencé avec 10
jeunes (5 garcons, 5 filles) qui, pendant les vacances scolaires de 2004, ont
semé 5.000 plantules à eux seuls. J'étais moi-même étonné des résultats. Ces
plantules ont ensuite été plantées par les paysans de l'OPF (Organisation des
Paysans de Furcy).
En complément, pour les encourager,
je leur ai donné des semences de fleurs. Le produit a été vendu chez les
fleuristes et a permis de payer les frais scolaires de ce premier groupe. Comme
les autres enfants ont vu que les fleurs permettaient de payer les frais scolaires,
j'ai eu ensuite beaucoup de volontaires, mais mes moyens ne me permettent pas
de les prendre tous.
Si le projet pilote réussit, il
devrait s'étendre à beaucoup d'autres écoles privées et publiques. On espère
mobiliser plusieurs milliers d'élèves, d'étudiants et d'étudiantes. Des écoles
ayant déjà participé à des efforts de ce genre dans la capitale seront
invitées à venir se joindre aux sessions de plantations.
Le lancement de ce programme dans
quatre nouvelles écoles coûtera 7.000,00 $ par école, c'est-à-dire 28.000,00 $
pour la prochaine l'année de plantation (mai 2007 - avril 2008).
VIVAT : Un lobby missionnaire JPIC aux Nations
Unies
Christian Roberti (c.roberti@brutele.be)
coordinateur de JPIC pour la Province de Belgique et également pour l’Union des
Circonscriptions d’Europe, a participé récemment à un atelier VIVAT à Rome.
Voici son rapport :
Du onze au quinze mars dernier,
trente-cinq religieuses et religieux appartenant à huit congrégations
missionnaires et provenant de douze pays d’Europe se sont réunis à Rome pour
participer à un atelier organisé par la plate-forme VIVAT International;
parmi eux/elles, il y avait six spiritains et une spiritaine.
Mais qu’est-ce que VIVAT
International ?
Le nom VIVAT vient de la prière
des missionnaires du Verbe Divin « Que vive le Dieu Un et Trine. » VIVAT
peut signifier « laissez vivre », « laissez vivre les gens,
laissez vivre la paix, laissez vivre la justice » ou encore « puisse
Dieu vivre en nous et dans nos cœurs. »
VIVAT International a été
créée en novembre 2000 par la Société du Verbe Divin (SVD) et sa branche
féminine, les Servantes du Saint Esprit (SSpS.) Depuis lors, cinq autres
congrégations ont rejoint le réseau VIVAT, dont les spiritains. Les
membres de ces congrégations sont disséminés dans tous les continents,
spécialement ceux de l’Hémisphère Sud. Ils vivent et travaillent dans des
situations où la Justice, la Paix et l’Intégrité de la création sont
régulièrement menacés.
VIVAT a pour
but de promouvoir, grâce à ses membres présents sur le terrain, la collaboration
avec l’Organisation des Nations Unies (O.N.U.) en vue de favoriser les droits
humains, les relations harmonieuses entre les peuples, enfin le bien-être
socio-économique et écologique de l’humanité. Concrètement, depuis 2002, Vivat s’est concentrée sur les droits
humains avec quatre priorités: l’éradication de la pauvreté, l’émancipation de
la Femme, le développement durable et la culture de la paix.
En 2004, VIVAT a obtenu pour 3 ans
un statut consultatif spécial (sorte
d’accréditation) auprès de l’ECOSOC (Le Conseil Economique et Social des
Nations Unies) et ensuite le statut d’association auprès du DPI (Département de
l’Information Publique des Nations Unies.)
Le bureau de VIVAT est situé à New
York, à un jet de pierre de la « maison de verre » ; l’équipe
exécutive se compose du père Bernard
Espiritu, SVD, un philippin, et de la sœur Gretta Fernandes, SSpS, originaire des Indes. La congrégation du
Saint Esprit a le statut de membre associé depuis 2005 et deviendra pleinement
membre en juillet de cette année ; mais John Kilcrann est d’ores et déjà
devenu un membre influent de VIVAT et fut un des organisateurs de
l’atelier de Rome.
Grâce à VIVAT chaque spiritain a
aujourd’hui la possibilité de faire remonter la voix des sans voix jusqu’aux
portes de l’O.N.U. Nous avons aussi en VIVAT l’avantage d’être à plusieurs congrégations pour faire entendre
cette voix.
Site sur la toile : www.vivatinternational.org
Adresse électronique
de l’équipe exécutive à New-York : viny@vivatinternational.org
Traduction Christian de Mare CSSp
Extraits de bulletins précédents
Introduction
Ces dernières années, la notion de pèlerinage a souvent été utilisée pour décrire la présence des spiritains auprès des pauvres et des marginaux. La première apparition a sans doute eu lieu dans les documents des chapitres généraux d’Itaicí et de Maynooth. Le chapitre général de Torre d’Aguilha en 2004, a donné une riche interprétation de cette idée : " La mission devient un pèlerinage qui nous enrichit mutuellement, où nous repérons ensemble les chaînes qui empêchent la pleine réalisation du Royaume de Dieu et cherchons à nous en libérer " (0.2.1 et 1.1.3) Un tel pèlerinage est alors un voyage sacré mais pas un simple voyage aller. Dans ce pèlerinage, nous allons vers les autres et voyageons avec d’autres ; nous donnons et nous recevons. De ce fait, nous sommes largement enrichis par la participation à une telle expérience. Les documents de Torre d’Aguilha montrent avec immédiateté et justesse que " cette conception actuelle de la mission demande du missionnaire une spiritualité plus profonde, plus contemplative " (0.2.1)
La description des expériences de pèlerins de nombreux spiritains est sans doute la meilleure manière de résumer le contenu de ce bulletin. Les pèlerinages décrits sont très variés : pèlerinage enrichissant du travail pour la réconciliation ; pèlerinage du service auprès des pauvres durant un stage ; de l’appel à une réflexion profonde sur le vrai sens du baptême, à travers le ministère auprès des réfugiés ; de la marche avec les autres dans le pèlerinage de la solidarité, de la mise en place de responsables dans les communautés marginalisées, de l’encouragement des confrères dans l’approfondissement des engagements envers J & P. Ce style d’engagement et de mission a été magnifiquement décrit lors de la retraite du chapitre général de 2004 comme " une avancée vers l’humanité qui n’a pas besoin, comme Zachée, de monter sur un arbre pour voir Jésus. "
Vous allez sans doute lire ce bulletin vers la Pentecôte. Cette fête nous rappelle le début d’un autre voyage, d’un autre pèlerinage, celui des premiers disciples jusqu’aux " extrémités de la terre. " Dans la vie des disciples, la venue de l’Esprit a changé la peur en courage, en énergie et en ouverture, bref, en enthousiasme pour un voyage. Puisse la venue de l’Esprit au milieu de nous en cette Pentecôte, donner à la famille spiritaine le courage d’être pèlerins ensemble, aujourd’hui, avec les nombreux peuples que nous servons.
Soigner les blessures du passé.
Une rencontre fortuite, de bonne heure un matin, entre Benedicto Sánchez, spiritain de la province d’Espagne, à Malanje en Angola, et de trois jeunes soldats blessés l’a conduit à un fructueux ministère de la réconciliation. Par la suite, il a commencé à faire des visites régulières dans les installations militaires pour contacter des milliers d’anciens combattants. En 2002, L’Angola qui est sortie de 27 ans de guerre civile où 1,5 millions de personnes ont perdu la vie expérimente un désir ardent de voir la paix et la réconciliation enfin restaurées. Ce qui suit sont des courts extraits d’un document détaillé que Benedicto a envoyé au bureau de J & P au généralat, décrivant les visites qu’il a réalisées dans près de 50 différentes installations militaires :
Quand le désir de paix est arrivée, j’ai commencé tout de suite à porter ce message par une discussion appelée " Spiritualité de la réconciliation et du pardon dans une situation d’après-guerre. " Les premiers entretiens ont été donnés à différents groupes et mouvements dans les paroisses, mais j’ai commencé très tôt à visiter les installations de la police ou de l’armée parce que je croyais à l’importance d’apporter un message de réconciliation aux jeunes qui se trouvaient dans les services de l’armée.
Quand je suis arrivé pour la première fois dans une installation militaire pour une discussion, j’avais peu d’espoir de succès et je me sentais incapable de dire quoi que ce soit qui puisse intéresser ces jeunes soldats pleins d’énergie. Quand je suis allé vers les officiers pour leur demander la permission de faire cette visite, j’avais vraiment peur que ce soit refusé. Cependant, après la première discussion, j’étais complètement surpris par le très haut niveau d’intérêt montré par les participants. Cela est apparu clairement dans leur attention soutenue ainsi que dans la discussion animée sur les thèmes que j’avais mentionnés pendant ma discussion. Cette agréable surprise m’a donné le courage de lancer un pèlerinage dans différentes installations militaires où, de façon générale, j’ai parlé de la spiritualité de la réconciliation et du pardon à travers des histoires bibliques.
Je savais qu’un processus de réconciliation pouvait " soigner " bien des blessures du passé qui étaient encore bien présentes dans la vie de ces jeunes militaires ayant participé au conflit. Les discussions animées à la fin de chaque entretien sont devenues une thérapie où les souvenirs pénibles du passé ont pu être explorés et, peut-être, enterrés. Chaque entretien a permis de créer une ambiance qui m’a amené à une réelle amitié avec les participants.
Les richesses humaines et spirituelles que j’ai reçues lors de ces rencontres animées ont complètement transformé ma vie missionnaire dans toutes ses dimensions et m’ont conduit à remercier le Seigneur de m’avoir amené à rencontrer ces jeunes soldats et personnels de la police. Ils m’ont laissé entrevoir la profondeur de leur vie et nous avons pu développer une amitié durable entre nous et avec leurs familles.
Leçons apprises à la sépulture de Marie-Rose
Stan Augustijns ( refpascdbn@iafrica.com) est l’actuel coordinateur spiritain dans le ministère auprès des réfugiés, demandeurs d’asile et personnes déplacées. Il est également coordinateur pour le ministère auprès des réfugiés dans le diocèse de Durban, Afrique du sud. Dans une récente parution du magazine Kwethu pour le ministère auprès des réfugiés, à Durban, il cite un exemple typique de son expérience quotidienne, la sépulture d’une réfugiée, qui montre les difficultés et les défis de ce ministère.
… Il était triste de voir comment, quelques mois auparavant, une femme catholique, réfugiée, membre de notre chorale, était morte dans la solitude la plus totale. Mais au cours de sa sépulture, à laquelle plus de 100 réfugiés ont participé, nous nous sommes tous sentis coupables : Est-ce que notre ubuntu (humanité) chrétienne s’étend seulement aux réfugiés de notre propre ethnie ou de notre région d’origine ? Bref, Marie-Rose, notre défunte sœur, nous a conduit de plus en plus les uns vers les autres, et elle continue de le faire. Elle est plus vivante parmi nous qu’elle ne l’avait été avant sa mort. Quelqu’un a parlé de sa résurrection pour nous, la mort n’ayant plus de pouvoir sur elle, selon la première lecture (Rm 3, 5-9) lors de sa sépulture.
Cette sépulture nous a fait prendre conscience que, très souvent, réfugiés, nous sommes tentés de ramener dans nos communautés les problèmes de nos propres pays : Problèmes et guerre entre nos différentes ethnies. Combien de fois n’avons-nous pas entendu parler de réfugiés rejetés par d’autres réfugiés parce qu’ils n’étaient pas de la même ethnie, cela allant parfois jusqu’à la bagarre ! Beaucoup sont catholiques, chrétiens, unis au Christ par leur baptême, mais pas par sa mort et sa résurrection à cause de leur manque d’adhésion aux valeurs du Christ : Pour vivre comme catholiques, chrétiens… La mort a toujours une emprise sur eux : Ils se tuent entre eux. C’est un défi important dans notre ministère de chaque jour. Jusqu’à ces derniers temps, nous avons eu des réunions régulières avec les responsables de plusieurs communautés de réfugiés, en fonction de leur origine tribale ou géographique, pour discuter de cette question afin de mettre en valeur le sens réel de la paix.
Poser la question du service des pauvres.
Dans une récente parution de El Mensajero del Espíritu Santo, Carmelo Rivera Amézquita ( rivera_carmelo@hotmail.com), de Porto Rico, réfléchit sur sa récente expérience de stage au Mexique. Il souligne ici quelques questions que cette expérience lui a apportées.
Depuis juin 2002, j’ai vécu une expérience missionnaire de 2 années parmi le peuple Huastèque au Mexique. C’est l’un des 62 groupes indigènes de ce pays. Cette région est connue comme la Huasteca Potosina. Elle est ainsi appelée parce que la plupart des habitants sont Huastèques et Potosina du fait qu’elle se trouve dans l’État de San Luis Potosí. Suite à la vision libermanienne d’opter pour les délaissés, les spiritains du Mexique qui travaillent dans le diocèse de Ciudad Valles, ont choisi les paroisses huastèques parce que le clergé local et les séminaristes, même ceux qui ont une origine indigène, ont reçu une formation très différente. Après l’ordination, beaucoup ne sont pas intéressés par les paroisses pauvres et indigènes et préfèrent le travail en paroisses urbaines. À cause de cela, les communautés indigènes ont souvent reçu une médiocre attention pastorale. Les spiritains ont donc pris un certain nombre de ces paroisses indigènes dans le diocèse.
J’ai travaillé dans la paroisse de Tanlajás qui a une population de 20,000 habitants, dont 94% sont Huastèques. Quand je suis arrivé, j’ai dû commencer par une formation spécialisée pour ce travail. La première chose à faire a été de me taire et d’écouter pour analyser au mieux la réalité locale dans tous ses aspects, particulièrement sociale et religieuse… Petit à petit, j’ai appris à connaître les 37 communautés de la paroisse, les gens qui vivent là, leur façon de travailler et d’être en relation les uns avec les autres. La culture du silence est très forte chez ce peuple. Ils parlent très peu mais, d’un autre côté, un sourire ou un mot de bienvenue est au cœur de leur culture. Ils sont toujours souriants, saluent et cela les rend en fait ouverts, malgré leur introversion.
J’ai eu différentes activités pastorales – catéchèse (et catéchuménat), accompagnement aux ministères de l’Eucharistie, de la pastorale des jeunes, ainsi que celui des vocations pour le diocèse et pour les spiritains. Toutes les activités pastorales de la paroisse nécessitent une inculturation et cela peut être particulièrement difficile pour la catéchèse parce que la planification pastorale du diocèse n’envisage aucune adaptation culturelle au contexte indigène de la région. Pour cette raison, nous devons faire des adaptations significatives dans toutes nos planifications et actions pastorales locales. Même si une personne est bien préparée intellectuellement pour la pastorale, cela n’est guère ou pas nécessaire du tout sans une attitude d’humilité, d’écoute, de compassion et de don de soi que les missionnaires doivent avoir afin d’entrer effectivement dans le monde des peuples vers lesquels ils sont envoyés.
Il y a plusieurs questions qui se posent dans un tel contexte : Quel est l’objectif d’un tel travail ? Pourquoi être au service des pauvres et plus spécialement de ceux qui souffrent ? Pourquoi servir la société ?
Notre service auprès des pauvres devrait se fonder sur une attitude de sincère humilité. Nous devrions être capables de distinguer entre un service humble, et un autre qui génère des pensées secondaires. Quand un service est rendu pour des raisons personnelles, particulièrement dans une perspective de pouvoir, l’individu est uniquement intéressé par son programme personnel. Fréquemment, l’image de service est utilisée pour cacher l’oppresseur qui fonctionne à partir d’un système de supériorité personnelle. D’un autre côté, un service humble, sans recherche de ses propres intérêts, purifie le cœur. Égoïsme, haine et volonté de domination disparaissent. Les valeurs telles que la sensibilité, l’amour, la compassion, la tolérance et la pitié prennent le dessus. Si le service n’est pas sensible et humble, il perd vite son caractère missionnaire essentiel qui est le don de soi sans mesure.
Merci, les enfants vietnamiens.
Notre récent chapitre général a parlé à plusieurs reprises de la solidarité comme étant la marque de notre engagement spiritain à J & P. Une réflexion de Jean-Pascal Lombart ( jp10920360552@yahoo.com), publiée dans le " Bulletin Philippines – Taiwan ", est un exemple intéressant de la solidarité en action entre des contacts spiritains à Taiwan et des communautés pauvres au Vietnam.
Assis au fond de la pirogue, il plonge la rame dans l’eau du lagon, avançant lentement, tandis que son père, à la proue, relève les filets. Il est midi. Ils ont fait une bonne pêche qu’ils vont pouvoir vendre au marché. Cependant, ils devront d’abord s’acquitter d’une taxe d’entrée dans le lagon, laquelle va réduire considérablement les revenus de la journée de travail pour ces pêcheurs vivant sur des sampans dans l’ancienne cité impériale de Hué, au centre du Vietnam. Avec Peter, un ancien séminariste vietnamien, nous sommes allés à la rencontre de ces familles dont les enfants sont parrainés par des gens de Taiwan : Il y en a maintenant près d’une centaine, venant des jardins d’enfants, de trois paroisses rurales, de la minorité ethnique montagnarde des Bruq, et du village de pêcheurs ancrés sur la Rivière des Parfums. Ils sont visités régulièrement par des sœurs, des séminaristes et des laïcs vietnamiens qui leur paient leurs frais de scolarité de la part de leurs parrains. C’était ma 4° visite au Vietnam en 5 ans. Je peux maintenant identifier quelques parents, et les enfants me connaissent un peu. La naissance du " Projet pour les pauvres enfants du Vietnam " n’était pas planifiée, mais il grandit rapidement ! Lors de ma première visite, je suis tombé malade après avoir mangé des escargots de rivière. Après m’avoir emmené chez un docteur chinois, Sœur Julienne m’a invité à visiter leur jardin d’enfants. À ma seconde visite, ma mère, qui parraine Ho Tapon, m’a demandé d’aller dans la montagne et de voir comment il allait : Sœur Ann m’a donné un chapeau et un foulard pour que la police ne reconnaisse pas le " long nez " et elle m’a emmené au village des Bruq. Maintenant, des noms d’enfants, des dossiers descriptifs en français ou en anglais, des photos et des lettres d'enfants, écrites en vietnamien, arrivent à Hsinchu, et je compose des dossiers en chinois pour les donner aux parrains.
Quand Peter, du Vietnam, est venu à Taiwan il y a quatre ans, il m'a aidé à faire quelques posters pour que je collecte un peu d'argent pour les enfants pauvres. Danny, de notre groupe biblique, a accepté de m'aider pour les premières traductions et pour tenir les comptes. Les paroissiens de la paroisse Saint-Esprit ont été très généreux, ainsi que les jeunes de Hsinchu, et c'est ainsi que le projet a débuté. Cette année avant le carême, j'ai contacté le directeur et la soeur aumônière du collège secondaire St Pierre, où mes séminaristes vont étudier. J'ai été invité à aller dans chaque classe pour donner un témoignage de ce que j'avais vu au Vietnam. Avec l’aide d’une vidéo, j’ai expliqué les principales causes de la pauvreté, et l'importance d'une éducation scolaire pour l'avenir des enfants et de leur famille. Ces étudiants, jeunes et plus âgés, étaient touchés et chaque classe a accepté de parrainer un enfant pour les années à venir.
Ce simple programme n'apporte pas seulement un soutien financier à quelques familles pauvres du Vietnam, mais également une aide spirituelle aux parrains de Taiwan. Donner 250 $ taïwanais (7 euro) par mois n'est pas beaucoup pour eux, mais prendre soin d'un enfant dont le nom et la figure deviennent familiers, dont le futur est partiellement entre leurs mains, est spirituellement enrichissant pour la jeunesse taïwanaise, trop souvent fermée sur le réel, ensevelie sous une montagne de livres à étudier et dont l'horizon se limite à une forêt de micros problèmes. " Je suis responsable de ce pauvre enfant " : voilà une expérience que d'être appelé à être responsable de personnes fragiles quand je vois dans le visage d'une autre personne qui me dit " prends soin de moi. " Les liens de solidarité entre les peuples sont nourris par cette relation entre les parrains et les enfants, comme est la relation de notre communauté spiritaine avec le Vietnam. J'ai toujours espoir qu'un de ces jours je puisse prendre avec moi un groupe de jeunes taïwanais et les intéresser à se charger de ce projet pour les pauvres enfants. J'aurai atteint mon but : donner une rame et un filet aux Taïwanais.
La coordination J & P dans la province de Trinidad.
Pat Bascio (pajbascio@yahoo.com) a été récemment contacté pour être le coordinateur Spiritain de J & P pour la province de Trinidad. Ce projet a débuté le 2 février dernier et a immédiatement reçu un accueil enthousiaste de la part des confrères. Félicitations à la province de Trinidad et à Pat pour l'énergie et l'enthousiasme apportées à ce projet. Dans un récent courriel, Pad a décrit de quelles manières les confrères se sont impliqués dans ce projet :
- Le provincial, Herbert Charles, a lancé l'initiative de J & P lors de la rencontre pour la fête de Libermann, expliquant l’importance de cette question et demandant à tous les confrères de s’impliquer.
- Cette même semaine, un groupe était constitué dans la paroisse d’Arouca, où je vis, avec l’aide du P. Neil Rodriguez, CSSp, le curé. Ce groupe s’est attelé à 2 problèmes :
(a) La nécessité pour les entreprises les plus importantes du pays de bien libeller la nourriture. (b) Répondre à un rapport de la Surveillance des droits de l’Homme démontrant que la torture existe toujours dans les prisons de Trinidad.
- Cette même semaine, le P. Ron Mendez, CSSp, directeur du collège spiritain de Ste Marie, m’a invité à parler avec les étudiants de 6° année et de poursuivre cette rencontre par d’autres discussions sur les questions de J & P. Cela a été fait et un programme de rencontres pour le reste de l’année est en cours d’élaboration.
- La semaine dernière, le P. Peter de laBasdide, CSSp, curé d’une grande paroisse et vicaire apostolique du doyenné, m’a invité à parler avec un groupe dans sa paroisse. L’idée est que je pourrais, après avoir expliqué les liens créés entre toutes les paroisses spiritaines sur la question de J & P, rechercher des volontaires pour former un groupe dans sa paroisse. Tous ceux qui ont assisté à cette réunion ont accepté de faire partie de ce groupe.
- Le P. Gregory McLawrence, CSSp, curé de la paroisse de Marabella, m’a invité à venir parler dans sa paroisse, dans quelques semaines.
- J’ai déjeuné, il y a quelques jours, avec le P. Gregory Augustine, CSSp, qui réside et enseigne au collège Fatima, une autre de nos institutions. Il m’a informé qu’après avoir discuté avec le directeur du collège, ils avaient décidé de m’inviter à donner régulièrement des entretiens au collège pour les 2 prochaines années.
- Le P. Gervaise Gerod, CSSp, m’a proposé de partager ses idées et les notes de cours qu’il a utilisées ces dernières années sur les questions de J & P. Je suis reconnaissant pour l’accent mis par le provincial et pour son soutien, ainsi que de la réponse des confrères, jusqu’à maintenant.
Fondwa : Une université fondée par les spiritains pour les pauvres.
Joseph Philippe (apf222@aom.com) a une longue histoire d’activités auprès des pauvres en Haïti. Parmi ses projets réalisés au cours des années, on peut citer le développement d’une banque d’épargne et de crédit pour faciliter des prêts aux marginaux. Cela leur permet de lancer leur propre petite entreprise. Il y a aussi des projets de développement plus importants pour les communautés les plus pauvres, comme la construction de routes, des projets agricoles et d’adduction d’eau, ainsi qu’une formation au commerce. L’an passé, il a établi une université dans la région de Fondwa, en Haïti, avec l’aide d’une association rurale locale. Joseph souligne quelques détails sur la fondation de l’université :
L’Association des paysans de Fondwa (APF) est un exemple de l’effort communautaire à la base en Haïti, pour aider les pauvres à assumer la responsabilité de leur propre vie. APF est une organisation paysanne qui a débuté à Fondwa le 24 avril 1988. Son but est de permettre aux gens de Fondwa et des environs d’assumer la responsabilité de leur propre vie dans leurs communautés rurales. Ses objectifs sont de travailler ensemble dans l’unité pour créer des infrastructures de base et apporter les installations nécessaires pour aider les gens à avoir des routes, de l’eau, un système de santé, d’éducation, de communication, des services financiers et une assistance technique, particulièrement dans les activités agricoles. Depuis sa fondation, APF a grandi et est devenue une ONG nationale qui fournit des services aux habitants de Fondwa et, depuis la récente fondation de l’université, à 564 autres communautés rurales en Haïti.
Située dans les montagnes de Fondwa, en Haïti, l’université de Fondwa, un projet de l’APF, est une université privée charitable dédiée aux études d’agronomie, des sciences vétérinaires et de la gestion. L’université tend à contribuer à un développement durable en Haïti en offrant un accès à une éducation supérieure à des jeunes gens des communautés rurales. Il leur est demandé en retour de repartir dans leurs communautés d’origine et d’appliquer les connaissances et les techniques de développement apprises.
Le 4 janvier 2004, les responsables des communautés chrétiennes et villageoises, les paysans, étudiants et professeurs se sont rassemblés pour inaugurer l’université et sa première année académique. L’eucharistie était présidée par l’archevêque de Port-au-Prince, Mgr Joseph Serge Miot. Le premier groupe d’étudiants est venu de différentes parties d’Haïti. 11 étudiants sont en agronomie, 7 en gestion et 2 étudient la médecine vétérinaire. Il y a 10 garçons et 10 filles.
Chaque année, nous espérons avoir 3 étudiants venant de 40 différentes communautés rurales, afin de préparer 3 spécialistes pour chacune de ces communautés – nous avons 565 communautés rurales en Haïti. Venant de familles pauvres, d’organisations ou de communautés pauvres, qui devraient être leurs parrains, nos étudiants ne peuvent financer le coût annuel de leurs études à l’université de Fondwa, montant à 4,500 US $ (3,750 €). Nous sommes donc en train de créer un fond de crédit étudiant renouvelable qui permettra aux étudiants d’emprunter de l’argent pour la période globale de leur programme académique, de 5 à 6 ans. Durant cette période, le prêt sera sans intérêt. Le remboursement avec intérêt commencera 6 mois après la cérémonie de remise de leur diplôme.
Nous allons accompagner les étudiants pour nous assurer qu’ils (elles) trouvent du travail et peuvent commencer le remboursement. Un de nos défis est d’encourager les organisations dans les régions d’origine de nos étudiants afin qu’elles cherchent les moyens financiers pour employer les étudiants une fois leurs examens passés. L’université servira de pont entre les étudiants et leur communauté d’origine. Chaque année, tout étudiant doit faire au moins 2 stages sur le terrain dans leurs communautés. Les professeurs de l’université doivent effectuer des visites de contrôle pour évaluer le travail des étudiants et le contexte du stage. Cela nous donnera également la possibilité d’évaluer les progrès des organisations parrainant les étudiants.
L’université de Fondwa a été créée pour éduquer des futurs leaders, qui devront développer des stratégies innovantes concernant les problèmes de pauvreté et de l’utilisation de la terre. Les diplômés de l’université de Fondwa retourneront dans leurs communautés d’origine afin de partager leurs connaissances en techniques innovantes et durables, des pratiques morales de gestion et un sens profond des valeurs avec les autres membres de leurs communautés.
Traduction : Christian Thuet CSSp .
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