Dans un passé récent, le peuple juif a été l'objet de discrimination raciale. Il a été victime de la violence portée à son paroxysme dans les camps d’extermination. Aucun d'entre nous n’est insensible à l’injustice qui a été perpétrée à l'encontre de votre peuple par des nations occidentales. Nous regrettons vivement cette page de notre histoire commune et nous luttons afin que pareille horreur ne se reproduise plus.
Aujourd'hui, nous sommes témoins d'une violence inacceptable et disproportionnée perpétrée par l'armée in israélienne contre le peuple palestinien. Elle a a occasionné de nombreuses victimes civiles.
Elle risque de compromettre le processus de paix.
Membres de la Congrégation du Saint Esprit, travaillant dans 56 pays, et coordinateurs de la Commission Justice et Paix de dix pays d'Europe, nous sommes réunis à Lisbonne, où nous tenons notre conférence annuelle. A cette occasion, nous tenons à vous exprimer notre indignation, et nous vous demandons de faire pression sur le gouvernement de M. Ehud BARAK pour que celui-ci accepte de s'asseoir à la table des négociations et recherche avec le gouvernement palestinien, en lien avec la communauté internationale, des accords de paix respectueux des droits tant du peuple palestinien que du peuple israélien.
Soyez assuré Monsieur l'Ambassadeur de nos sentiments très respectueux/
>
John McFADDEN
Supérieur Provincial d’Angleterre
Gabriel MYOTTE-DUQUET
Vicaire Provincial de France |
Paulette DESCHAMPS
Supérieure Provinciale de France
Maria Alice AREIA
Supérieure Provinciale du Portugal
|
Jean-Pierre GAILLARD
Secrétaire Européen des Spiritains
John KILCRANN
Coordinateur pour la Congrégation |
Mariélle BEUSMANS
Coordinatrice Provinciale des Pays-Bas
Bächel ACKERSCHOTT
Coordinatrice Provinciale d’Allemagne |
Roland BUGNON
Coordinateur Provincial de Suisse
Jos de BACKERE
Coordinateur Provincial de Belgique |
Pat McNAMARA
Coordinateur Provincial d’Irlande
Heliodoro MACHADO SANTOS
Coordinateur Provincial d’Espagne |
José REIS GASPAR
Coordinateur Procincial du Portugal
Gérard SIREAU
Coordinateur Provincial de France
|
Maureen SOARES
Coordinatrice Provinciale d’Angleterre
Miroslaw ZABROCKI
Coordinateur Provincial de Pologne
|
Michael BEGLEY
Expert en question de Justice et Paix
| Ann-Marie FELL
Agent de Pastorale Sociale
|
DOUALA-CAMEROUN :
Rafles, arrestations, tortures
une lettre du Cardinal Tumi
Douala le 16 juin 2000
A l'attention de Mr le Gouverneur
de la Province du Littoral
DOUALA
J'ai l'honneur de vous adresser cette lettre concernant le mal que fait le "Commandement Opérationnel" dans le Littoral.
En effet depuis la mise en place du dit Commandement,. Des nombreux cas de torture,
de blessures graves et d'assassinat sont signalés sur des victimes innocentes ou peut-être coupables masi sans jugement.
Monsieur le Gouverneur,
Permettez-moi d'attirer votre attention sur le fait que le grand banditisme
qui est à la base de la mise sur pied du "Commandement Opérationnel" a pour cause ce constat effarant:
- La vente d'armes et des munitions par les hommes en tenue aux bandits.
- La mise en location des armes, munitions, uniformes aux bandits pour des opérations spéciales par ces mêmes éléments
- La création des groupes de gangs par les hommes en tenue à qui sont distribué les outils de travail : armes, munitions, poignards, uniformes et cartes professionnelles.
La complicité, par la présence de certains éléments de la force de l'ordre dans le groupe des gangs pendant les opérations qui donne courage aux vulgaires bandits.
L'aide matérielle et financière (argent et voitures) pour les opérations en changeant les plaques d'immatriculation.
Toutes ces causes ont incité l'autorité de l'Etat à mettre sur pied le Commandement Opérationnel dont vous avez la charge, dans le but de palier à ces exactions qui minent la sécurité sociale, chose normale.
Or, nous constatons à notre grand étonnement que le Commandement Opérationnel a inséré en son sein des anciens prisonniers pour pouvoir livrer leurs amis braqueurs et autres malfaiteurs et peuvent
ainsi indexer des personnes à leur bon vouloir; ils seront directement appréhendés et exécutés.
Le Commandement Opérationnel a recensé certains coins de la ville de Douala et en a fait des lieux d'exécutions extrajudiciaires (des abattoirs humains) tels que Youpwè, Logbessou, route de la Dibamba (brousse), Bassa, le petit Nkaki… La population de Douala vit sous torture et arrestations arbitraires.
Des rafles inopinées, des interpellations intempestives. On croyait que le but du Commandement Opérationnel était de libérer la population de toute peur et inquiétude. Le contraire est vrai aujourd'hui/
A propos des Rafles
Les gens sont raflés à toute heure sans sommation. On les fait descendre des cars, bus, taxis, voitures personnelles, jusqu'aux élèves que l'on fait asseoir dans laboue avant de les rouer de coups. Après
ils sont déversés dans les cars les uns sur les autres, on les piétine, ou ils sont amenés à la brigade de Gendarmerie de Mboppi, à celle des antigangs de la gendarmerie de Bonanjo, et à la base militaire de Bonanjo afin d'être torturés et ainsi obligés de faire de faux aveux.
Ce n'est qu'au petit, matin que les corps sont retrouvés, de part et d'autre, dans certains grands axes de la ville. Jusqu'à ce jour, les camions militaires pleins de gens circulent dans la ville avec des personnes nues de
jour colle de nuit et l'on ignore la destination exacte de ces convois pour constater tout simplement à la fin, de nombreuses disparitions. Le public de Douala vit dans la peur, car à chaque instant, les hommes chargés de "l'ordre ". font irruption dans un lieu et jettent tout le monde dans un camion et les font descendre, moyennant parfois, la somme de 2000 ou 5000 francs Cfa par personne. Qu'ont-elles fait pour s'acquitter de ces "amendes"?
Que dire des Arrestations Arbitraires ?
Des nombreuses familles sont victimes des arrestations et des pillages. Dans certains cas des fillettes malades et des bébés sont abandonnés à eux-mêmes. Pendant la prise d'assaut du Commandement Opérationnel dans certains domiciles, des bijoux, de l'argent et autres objets précieux sont parfois emportés.
Les occupants de certains foyers sont bastonnée, jetés dans les cars comme des objets telle cette jeune
fille presqu'à terme de grossesse qui a été brutalement précipitée dans un camion avec d'autres personnes ramassées dans les vidéo clubs, et les ventes.à emporter, pour se retrouver infortunée à la base militaire de Bonanjo sans aucun égard pour son état. A cette base militaire, les personnes arrêtées ont été toutes appelées à subir le châtiment d'une dame, spécialisée en bastonnade et torture. Blessées et tuméfiées de
partout; ces. personnes sont obligées de faire la "roulade dans la boue" y compris les femmes enceintes. Au refus de ces femmes de se rouler dans la boue, un des hommes en tenue ripostera: "Ne savez-vous pas qu'on peut vous enlever cette grossesse ? Ici, on enlève les enfants dans le ventre des femmes. Si vous ne faites pas la roulade, on va vous retirer ces enfants."
Heureusement que tous les hommes en tenue ne sont pas aussi cyniques, quelques-uns pris de pitié sont intervenus pour qu'on ne fasse pas subir de telles humiliations aux femmes dans leur état avant qu'elles ne soient identifiées !
Mais à la nuit tombante et sous la pluie quand ladite dame revient, elle exige une "'dose" supplémentaire de torture. Un jeune garçon très malade est jeté dans la cellule des hommes dont les paies, de suite de torture, pourrissaient et répandaient les asticots car la cellule où ils étaient enfermés est sans toiture. Ces hommes ont vécu pendant trois jours dans cette insalubre cellule pour se voir accorder la liberté, y compris les femmes enceintes, le quatrième jour. Pour certains autres infortunés qui sont restés, on retrouvera les corps en décomposition après deux semaines. Il s'agit de: Alain Dikanda, Badi Binam Aimé, Essolo Jacques et un certain Olivier ...
Il faut signaler qu'à la base militaire, ces rescapés ont trouvé un gang conduit par un certain sergent. Celui-ci, un repris de justice qui venait à peine de retrouver la liberté après six ans d'incarcération. En dépit de son corps déchiqueté par la torture, il lui était toujours administré sa "dose" de bastonnade à outrance. Ces gens n'avaient pas droit à la nourriture. Ils en sont morts, tels que: Baba Malan, Mlle Matimba...
Parmi les nombreuses personnes tuées par le Commandement Opérationnel, bien des filles ont trouvé inutilement la mort parce que supposées être des "copines" des braqueurs. Ces filles sont souvent battues à leur arrestation, non seulement parce qu'on les accuse de complicité avec les malfaiteurs, mais surtout parce qu'elles refusent les avances des agents du Commandement Opérationnel.
Mlle Carine Yoth, placée en garde à vue à la Prison Centrale de Douala depuis le 17/2/2000 par le Tribunal Militaire, y croupit parce que son "copain" présumé braqueur, est en fuite et recherché. Est-ce normal dans un Etat de droit?
Quand les personnes arrêtées sont déferrées au parquet il n'est pas rare que le Commandement Opérationnel débarque pour identifier les suspects et les amener, Dieu sait où et les corps ne sont jamais retrouvés !
Que dire de ce jeune homme de 16 ans que sa mère, dans un excès de colère à cause du caractère difficile de son enfant, a remis à la disposition de la police, sans doute pour lui faire peur et qui a été tué parmi les exécutés du Commandement Opérationnel au mois de mars ?
Ousmane Diallo a reçu une balle par la bouche un début d'après-midi; ne pouvant plus parler, il a été jeté en prison où il est mort le 18 Mai 2000 car il ne pouvait ni parler, ni manger.
Il faut également noter les cas d'ordre de mise en liberté mitigée. Une fois libérés, ceux-ci sont directement filés et abattus par les éléments du Commandement Opérationnel. Les libérations elles-mêmes, se font en fonction d'une certaine somme d'argent versée sans reçu.
Monsieur le Gouverneur,
A ce jour, on a tendance à croire que le Commandement Opérationnel a baissé les bras, mais il est à retenir qu'il fait plus de mal. Depuis un temps, au large du cours d'eau Nkam qui sépare les Provinces du Littoral et de l'Ouest, des corps sont découverts là-bas au jour le jour, ce n'est ni plus ni moins l'oeuvre d'un système meurtrier.
Le jeudi Saint de cette année, pendant que les chrétiens de la Paroisse Notre-Dame des Sept Douleurs (à Douala) allaient faire l'adoration du Saint-Sacrement, les éléments de votre Commandement ont fait irruption sur le lieu et ont emmené des fidèles qui attendaient leur tour pour l'adoration.. Ils sont mis à tabac sans motif apparent, ce qui a provoqué la. panique pour la plupart.
A la Prison Centrale de Douala, des espions du Commandement Opérationnel sont présents pour dénoncer les prévenus afin de leur faire subir des sévices.
Par ce manque de justice au Cameroun, le Commandement dont vous avez la charge se livre à des exécutions extrajudiciaires où bon nombre d'innocents sont tués. La population profite de ce climat d'insécurité pour assouvir qui, ses vieilles rancunes contre les voisins, qui sa haine contre un tel au un tel qu'il aimerait voir souffrir. C'est ainsi que des règlements de compte sont signalés parce que tout le monde peut appeler le Commandement Opérationnel et raconter ce qu'il veut.
Il y a le cas de ce jeune homme photographe de son état qui a été exécuté sous le regard de sa femme indexée
par son beau-frère malfrat évadé de la prison de Kribi sous prétexte que cette dernière refusait son union avec sa petite soeur à cause de sa "vocation" de braqueur. Comment peut-on parler d'un jugement équitable lorsque nous savons que tous ces grands bandits ont été tués sans aucun jugement au préalable ?
Des nombreux parents ont été exécutés à la place de leurs fils recherchés par le Commandement Opérationnel, à ce jour -un chiffre exact ne peut pas être publié.
Beaucoup de familles n'ont pas retrouvé les corps de leurs fils. Plus de cinq cents personnes exécutées., hommes et femmes confondus, jeunes filles et garçons.
Est-il vraiment possible, Monsieur le Gouverneur, que l'on exécute les hommes à base de simples présomptions dans un Etat de droit ? Sur quelle base agit. le Commandement Opérationnel et quel texte régit son champ d'opération ? Pouvez-vous le publier pour éviter les équivoques ? Quelles sont les limites du Commandement Opérationnel et peut-il garantir la sécurité sociale à l'allure où vont les choses ? Ne peut-on pas -mettre hors d'état de nuire ces grands bandits sans les tuer? Le monde civilisé aujourd'hui est contre la peine de mort même pour un meurtrier.
Monsieur le Gouverneur,
Les exécutions extrajudiciaires constituent une violation des droits fondamentaux de l'homme et sont un outrage à la conscience universelle. Ces homicides illégaux perpétrés sur un ordre d'un Gouvernement ont été toujours condamnés par les Nations Unies et le demeurent.
Pour que les plus hautes autorités de l'Etat se veulent non coupables, elles doivent montrer leur totale opposition en réagissant aux exécutions extrajudiciaires.
Pour ce faire, elles doivent faire savoir à tous les membres de la Police et de l'armée ainsi qu'à d'autres forces de sécurité sociale, que les exécutions extrajudiciaires ne sauront être tolérées en aucune circonstance sans qu'un jugement équitable et impartial soit fait au préalable et communiqué conformément aux. normes de la législation en vigueur.
Les articles 8 et 10 de la Constitution de la République disent clairement: "Toute personne a droit à un recours effectif devant les juridictions nationales compétentes contre les actes violant les droits fondamentaux qui leur sont reconnus par la Constitution ou par la loi." (art. 8);. "Toute personne a droit en pleine égalité à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un Tribunal indépendant et impartial, qui décidera soit de ses droits et obligations, soit du bien fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle. " (art 10).
Au terme de cette lettre, vous pouvez avoir l'impression que je défends l'impunité et le mal, ce qu'à Dieu ne plaise. Mon. souci pastoral est de venir au secours des innocents. et de demander que la justice soit faite. Celui qui mérite le châtiment sera puni en fonction de son, crime après avoir été jugé, mais d'une façon équitable et impartiale.
J'ai la tentation très forte de publier cette lettre si les tueries arbitraires par le Commandement Opérationnel continuent.
Avec l'assurance de mes prières pour que vous meniez à bien votre lourde mission, je vous prie, Monsieur le Gouverneur, de croire en mes sentiments patriotiques, en ma foi en l'homme et en la valeur inestimable
de la vie, le plus grand don que Dieu a fait à tout homme même aux grands bandits.
Cardinal Christian TUMI
Archevêque de DOUALA
Afghanistan
Guerre aux femmes
Le gouvernement afghan mène la guerre aux femmes. La situation s'est détériorée à un tel point que dans un éditorial du Times, quelqu'un à compare le traitement des femmes là-bas au traitement des juifs dans la Pologne du pré-holocauste. Depuis la prise de pouvoir des Taliban en 1996, les femmes doivent porter le burqua, sont battues et lapidées en public si elles n'ont pas l'habit adéquat, ne fut-ce que si le filet ne couvre pas leurs yeux. Une femme à été battue à mort par une foule de fondamentalistes pour avoir incidemment expose son bras en conduisant. Une autre à été lapidée à mort pour avoir tente de quitter le pays avec un homme qui ne faisait pas partie de sa famille. Les femmes ne sont pas autorisées à travailler ni même à sortir sans un parent de sexe masculin. Les femmes qui travaillent en tant que professeurs, traductrices, médecins, avocates, artistes et écrivains ont été contraintes de quitter leur travail et ont été renvoyées à la maison, de sorte que les dépressions deviennent tellement répandues que le phénomène à atteint un seuil d'urgence. Il n'est pas possible dans une société islamique à l'extrême de connaître le taux de suicide avec certitude, mais les représentants d'organismes humanitaires estiment que pour les femmes, qui ne parviennent pas à trouver les médicaments et traitements adéquats pour dépression grave et préfèreraient mourir que vivre dans ces conditions, le taux à augmente de manière significative. Les maisons occupées par des femmes doivent avoir leurs fenêtres peintes de sorte que les femmes ne puissent jamais être vues de l'extérieur. Elles doivent porter des chaussures qui ne font pas de bruit, de manière à ne jamais être entendues. Les femmes craignent pour leur vie à la moindre "mauvaise conduite". Le travail leur étant interdit, les femmes célibataires ou sans membres de la famille de sexe masculin meurent de faim ou mendient dans la rue, fussent-elles titulaires d'un doctorat. Il n'y à pratiquement pas de traitements médicaux disponibles pour les femmes, et les représentants d'organismes humanitaires ont pour la plupart quitte le pays. Dans l'un des rares hôpitaux pour femmes, un journaliste à trouve des corps immobiles, presque sans vie, couches sur des lits, enveloppes dans leur burqua, réticents à parler, à manger ou à faire quoi que ce soit, dépérissant à petit feu. D'autres sont devenues folles. On les à vues tapies dans des coins, se balançant ou pleurant, pour la plupart, de peur. Un médecin envisage de laisser ces femmes face à la résidence du Président en signe de protestation pacifique quand le peu de médicaments restant sera épuise. La situation est arrivée à un point ou le terme "violations des droits humains" est un euphémisme. Les maris ont droit de vie et de mort sur les femmes de la famille, en particulier sur leurs épouses, mais une foule en colère à tout autant le droit de lapider ou de battre une femme, souvent jusqu'a ce que mort s'en suive, pour avoir exposé une once de chair ou avoir offense l'un d'entre eux de la manière la plus insignifiante. Selon David Cornwell, les Occidentaux ne devraient pas juger le peuple afghan pour ces traitements car cela fait partie de leur "culture ", ce qui est faux : Jusqu'en 1996, les femmes jouissaient d'une relative liberté pour travailler, généralement pour s'habiller comme elles le souhaitaient, pour conduire et apparaître seules en public. La rapidité de la transition constitue la raison principale des dépressions et des suicides. Les femmes qui par le passe, étaient éducatrices ou médecins ou qui simplement étaient habituées à des libertés humaines basiques sont à présent durement réprimées et traitées comme des sous-êtres, au nom de l'islam fondamentaliste et rétrograde. Il ne s'agit pas de tradition ou de culture, au contraire. Les mesures sont extrêmes, même dans les cultures ou le fondamentalisme constitue la règle. Par ailleurs, s'il était possible de tout excuser par la culture, nous ne devrions pas être horrifies de ce que les Carthaginois sacrifiaient leurs nouveaux-nés, de ce que des petites filles sont excisées dans certaines régions d'Afrique, de ce que les noirs dans les années 30, au fin fond des Etats-Unis étaient lynches, interdits de vote, et forces à se soumettre à des lois racistes. Tout être humain à le droit à une existence tolérable, y compris les femmes d'un pays musulman situe dans une partie du monde que les Occidentaux ne comprennent pas. Si nous pouvons user de menaces militaires au Kosovo au nom des droits humains des Albanais, l'OTAN et l'Occident peuvent certainement dénoncer pacifiquement le scandale de l'oppression, du meurtre et de l'injustice commis à l'encontre des femmes par les Taliban.
Agir
avec Amnesty international
Agissez pour mettre un terme
aux enlèvements, aux viols
et à l'esclavage sexuel
des femmes et des jeunes filles
en Sierra Leone.
Les enlèvements, les viols et
l'esclavage sexuel de femmes et de jeunes filles constituent
l'un des aspects les plus abjects et révoltants du
conflit armé qui ravage depuis neuf ans la Sierra Leone.
Ces agissements doivent cesser. Nous vous invitons à
participer à la campagne d'Amnesty International contre
ce type d'atteinte aux droits fondamentaux de la personne
humaine et à encourager d'autres hommes et femmes
à vous imiter.
Amnesty International a publié le 29
juin 2000 un rapport intitulé
Sierra Leone. -Viols
et autres violences sexuelles dont sont victimes femmes et
jeunes filles.
Ce rapport adresse un certain nombre de
recommandations spécifiques à toutes les forces
impliquées dans le conflit et, au-delà, à
la communauté internationale, pour que cessent les
atteintes aux droits humains et que les victimes soient
aidées. L'Organisation prie instamment ceux qui le
souhaitent de se servir de ce rapport pour mener campagne en
faveur des droits des femmes et des jeunes filles en Sierra
Leone.
Ce que vous pouvez faire
en vous fondant sur les recommandations d'Amnesty International à l'adresse de la communauté internationale, organiser des campagnes d'envoi de lettres, de pétitions, de courriers électroniques, etc., pour faire pression sur le gouvernement de votre propre pays afin qu'il agisse ;
- organiser des campagnes d'envoi de lettres au gouvernement sierra-léonais, en vous fondant sur les recommandations contenues dans ce rapport;
- organiser des campagnes publiques en direction de l'ambassade du Libéria dans votre pays, afin de demander au gouvernement libérien d'user de son influence sur les forces rebelles opérant en Sierra Leone, pour que cessent les exactions commises à l'encontre des femmes et des jeunes filles ;
- encourager les organisations et les groupes dont vous faites partie à agir en condamnant publiquement les atteintes aux droits fondamentaux des femmes et des jeunes filles perpétrées dans le cadre du conflit armé interne qui déchire la Sierra Leone, en organisant des campagnes et en affichant leur soutien à la campagne d'Amnesty International ;
- solliciter des soutiens en faveur de la campagne d'Amnesty International, en diffusant largement son rapport au sein de l'organisation ou de la communauté dont vous faites partie et en encourageant les gens à agir ;
- distribuer le rapport d'Amnesty International auprès d'autres organisations ou groupes oeuvrant en faveur des femmes ou des enfants, des organisations humanitaires et de défense des droits humains, des Églises et des autres organisations religieuses dans votre propre pays, en les encourageant à agir;
- susciter l'attention des médias dans votre propre pays, par exemple en envoyant des lettres ouvertes aux journaux et aux magazines, ou en distribuant le rapport d'Amnesty International aux journalistes.
Vous êtes invités à rester en contact avec la section d'Amnesty International de votre pays et à la tenir informée des actions que vous mènerez au sujet de la Sierra Leone. S'il n'existe pas de section d'Amnesty International dans votre pays, veuillez faire parvenir les informations pertinentes au Secrétariat international d'Amnesty International
(adresse: West Africa Team, 1
Easton Street, London
WCIX ODW,
Royaume-Uni,
télécopie: 44 (0) 20 7956 1157,
adresse électronique: amnestyis@amnesty.org
Pour plus d'informations concernant l'action d'Amnesty International à propos de la Sierra Leone, nous vous invitons à consulter notre site Intemet :
http://www.amnesty.org
Amnesty International, le 6 juillet 2000
ILS attendent toujours...
DES PAYS LES PLUS PAUVRES. (Cologne, 19 juin 1999)
Le 19 juin 1999, lors de la rencontre du G7 à Cologne, les pays riches annoncent lannulation de dettes des pays les plus pauvres. Depuis, des voix sélèvent au Nord comme au Sud : les populations du Sud ne voient rien venir. Elles continuent
de supporter le poids de la dette.
Le G7 nenvisage que des allégements de dette partiels. Malgré refontes de termes et discours en faveur de la lutte contre la pauvreté, ces allégements sont toujours conditionnés à la mise en uvre des programmes dajustement structurel (PAS) du Fonds monétaire international (FMI).
Les pays qui en bénéficient ne voient baisser leurs remboursements quimperceptiblement.
Notre Réseau Foi et Justice Afrique-Europe invite à faire pression sur le gouvernement français pour annuler la dette des pays pauvres à légard de la France dans des conditions qui enclenchent un réel développement humain.
Pour ce qui concerne la France, ni transparence, ni participation des sociétés civiles ne semblent à lordre du jour. Seuls 7 des 34 pays ont intégré le processus. La majorité dentre eux ne bénéficiera pas dallégements de dette avant 2003, alors que les populations subissent quotidiennement le poids de lendettement. Plusieurs pays créanciers envisagent aujourdhui des mesures plus ambitieuses : La France a un rôle à jouer. Elle doit faire des propositions.
Du fait des PAS exigés par les créanciers, les pays pauvres doivent attendre jusquà six ans avant de pouvoir bénéficier dallégements de dette partiels. Comment tolérer ces délais alors que le Programme des Nations-unies pour le développement (PNUD) estime que la mort de 3 millions denfants pourrait être évitée si le remboursement de la dette était utilisé pour léducation et la santé ?
Les réductions de dettes multilatérales annoncées à Cologne sont insuffisantes, malgré un 1er pas franchi à loccasion des assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI. Le financement des allégements de dette multilatérale a en effet été trouvé : par des contributions des États membres mais également pour le FMI par la réévaluation dune partie de son stock dor.
Cest-à-dire par une simple opération comptable ! Les sources de financement existent, mais les allégements de dette restent faibles, par manque de volonté politique. Plusieurs pays créanciers sorientent vers lannulation totale.
Le 29 septembre 1999 le président américain annonce lannulation à 100 % des dettes dues aux États-Unis par les pays pauvres très endettés : " Cest, a-t-il également déclaré, un impératif économique et moral en ce moment de consensus général. " Son secrétaire dÉtat a quant à lui ajouté : " Nous chercherons à ce que dautres nous rejoignent. " Même sil convient de prendre cette annonce avec prudence, ce mouvement vers lannulation totale est un bon signe. Royaume-Uni et Canada semblent vouloir suivre.
Plus de 550 000 Français signent pour lannulation de la dette des pays pauvres : rien de changé...
La France détient environ le 1/3 des créances sur ces pays (environ 90 milliards de F), soit plus du double des États-Unis. Son engagement sur cette voie est primordial. Aucune solution ne peut être envisagée sans sa participation. Quand se décidera-t-elle ?
Les allégements de dette bilatérale et multilatérale décidés à Cologne sinscrivent dans le cadre de linitiative Pays pauvres très endettés (PPTE) du FMI et de la Banque mondiale, institutions contrôlées par les pays du G7 qui déterminent les conditions dallégements de dette exigées des pays pauvres.
Les Associations de solidarité internationale dénoncent avec insistance les PAS imposés par les pays créanciers comme condition. Ces programmes impliquent trop souvent des mesures néfastes pour les populations et le développement.
Lors des assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI à Washington en septembre 1999, un début de réponse est obtenu : le FMI déclare vouloir intégrer la notion de lutte contre la pauvreté dans ses programmes. Une mini révolution !
Mais les associations restent sceptiques face à cette nouvelle orientation, car pour le FMI la lutte contre la pauvreté passe avant tout par ces mêmes PSA.
La France et les autres pays du G7 doivent ici jouer un rôle afin que les mesures décidées à Cologne ne soient pas un cadeau empoisonné.
En France plus de 550 000 personnes ont déjà signé la pétition pour lannulation de la dette des pays pauvres.
Or, non seulement les mesures annoncées restent largement insuffisantes mais elles ne sont toujours pas mises en uvre. Il est aujourdhui nécessaire de rappeler au gouvernement français que depuis Cologne le Sud ne voit rien venir !
Dès 1989 la Suisse annulait ses créances vis-à-vis des pays pauvres
La question de la transparence est primordiale pour que le problème de la dette soit enfin résolu.
Transparence sur les prêts effectués dans le passé : qui a prêté quoi, à qui, et pourquoi ? Plonger dans lhistoire de la dette devrait permettre de désigner les responsables au Nord comme au Sud et denvisager la récupération des fonds détournés. Transparence de la politique menée aujourdhui pour quune telle situation ne se reproduise pas et que les fonds dégagés bénéficient réellement aux populations.
Alors quun dialogue constructif sétait instauré entre le gouvernement et les Associations de solidarité internationale (ASI) sur la question de la dette, aucune rencontre officielle na eu lieu depuis Cologne. Les ASI sinterrogent maintenant sur les intentions réelles du gouvernement en matière dannulation de la dette.
Les ASI de la campagne ont donc écrit fin septembre 1999 au ministre des Finances et au ministre délégué à la Coopération, afin de leur demander de reprendre le dialogue engagé. Sans réponse à ce jour.
La campagne française a rappelé au gouvernement que les 550 000 signataires de la pétition demandent que : " les gouvernements des nations les plus riches [
] annulent la dette des pays pauvres très endettés pour lan 2000, dans la transparence et avec la participation de la société civile. "
La participation des sociétés civiles du Sud est essentielle si lon veut sassurer que les sommes dégagées par les annulations servent directement les besoins des populations et en particulier des plus vulnérables.
À titre dexemple, la Suisse a annulé ses créances vis-à-vis des pays pauvres dès 1989. Une partie des sommes ainsi dégagées a été reversée à des fonds spéciaux, les "fonds de contrepartie".
Gérés à la fois par le gouvernement local, le gouvernement créancier et la société civile locale, ces fonds financent, et dans la transparence, des projets directement utiles à la population dans les domaines de léducation, de la santé, de laide à la petite entreprise.
Les associations entendent promouvoir auprès du gouvernement français ce type de processus afin que les annulations de dette servent le développement.
Gérard Sireau
RÉSEAU FOI ET JUSTICE AFRIQUE-EUROPE
-Antenne de Paris -
34, avenue Reille 75014 PARIS
Tél. : 01 53 80 08 40 - Fax : 01 53 80 02 41
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