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Mon parcours vocationnel chez les spiritains a été marqué par le témoignage de vie de Frédéric. J’ai été particulièrement surpris de voir à quel point un prêtre belge pouvait s’intégrer profondément dans la vie du peuple vietnamien. Il parlait vietnamien, mangeait la cuisine locale, adoptait la culture vietnamienne. Dominique Sang NGUYEN, spiritain vietnamien en formation spiritaine à Paris

Le 14 décembre 2025, Mgr Frédéric Rossignol, religieux missionnaire de la Congrégation du Saint-Esprit, appartenant à la province de Belgique, a été ordonné évêque en la cathédrale de Tournai (Belgique). Pour ma part, j’ai eu la grande joie de participer à cette célébration solennelle. À cette occasion, je souhaiterais partager quelques réflexions personnelles sur Monseigneur, qui a exercé une influence significative sur mon cheminement vocationnel au sein de la Congrégation du Saint-Esprit.

Tout d’abord, j’ai éprouvé une immense joie de participer pour la première fois à une ordination épiscopale, ainsi qu’une fierté toute particulière en sachant que l’évêque ordonné avait été autrefois mon formateur, mon maître des novices et mon supérieur au Vietnam. Ma joie personnelle s’est unie à celle de la Congrégation et de toute l’Église. Cette fierté ne tient pas seulement au fait qu’il ait été choisi comme évêque, mais surtout à sa disponibilité humble et généreuse pour répondre aux besoins de l’Église. Animé d’un profond zèle pour l’annonce de l’Évangile du salut en Jésus-Christ, Mgr Rossignol a quitté sa terre natale dès son ordination sacerdotale pour se consacrer à la mission au Vietnam pendant seize ans, puis aux Philippines et en Italie. Toutefois, lorsque l’Église l’a appelé, il a accepté de retourner dans son pays d’origine pour y assumer le ministère épiscopal. Cela m’a fait comprendre que, où que nous soyons, nous pouvons toujours nous engager au service de Dieu par une réponse libre et généreuse.

Ensuite, mon propre parcours vocationnel, durant les premières années de discernement de la vie missionnaire au Vietnam, a été marqué par son témoignage de vie. J’ai été particulièrement surpris de voir à quel point un prêtre belge pouvait s’intégrer profondément dans la vie du peuple vietnamien. Il parlait vietnamien, mangeait la cuisine locale, adoptait la culture vietnamienne. Pour parvenir à une telle intégration, il a certainement dû consentir à de nombreux sacrifices, allant jusqu’à « mettre entre parenthèses » sa langue maternelle, sa culture et ses habitudes pour s’adapter au contexte vietnamien. Il s’agit là d’un renoncement important pour un missionnaire, afin de pouvoir vivre avec, parmi et aux côtés de la population locale de manière harmonieuse. Par ailleurs, dans la vie communautaire, il lui arrivait parfois de préparer ou d’acheter des plats belges pour les partager avec nous, ses confrères vietnamiens. Nous utilisions également l’anglais lors des repas, des célébrations eucharistiques et des temps de prière communautaire, bien que cette langue ne soit pas officielle au Vietnam. À travers ces expériences, j’ai compris que la vocation spiritaine m’appelle à vivre dans une communauté internationale et interculturelle, où je suis invité à la fois à accueillir et à donner.

De plus, Mgr Rossignol s’est toujours montré disponible pour aller à la rencontre des autres et leur venir en aide, en particulier les personnes pauvres, qu’elles soient chrétiennes ou non croyantes. Un prêtre occidental parlant vietnamien suscite souvent la sympathie, mais ce qui est encore plus précieux, c’est qu’il prenait lui-même l’initiative d’aller vers les autres, plutôt que d’attendre qu’on vienne à lui. Grâce à cette attitude, il entrait facilement en relation avec les personnes et disposait de nombreuses occasions pour partager la foi et témoigner du Christ. Cette expérience m’a fait prendre conscience de l’importance de la langue dans la mission. Toutefois, plus encore que la langue, ce qui compte vraiment, c’est l’attitude de respect et l’écoute dans toute rencontre. 

Enfin, pour un jeune comme moi, persévérer dans une vie de prière quotidienne n’est pas toujours facile. C’est précisément grâce à Mgr Rossignol, durant mon année de noviciat, que j’ai pu instaurer cette pratique essentielle. Il ne m’a pas seulement enseigné la prière à travers l’exemple des saints, mais surtout par son propre témoignage de fidélité à la prière quotidienne. Pour tout croyant, la prière occupe une place fondamentale ; et pour un religieux missionnaire, elle ne peut être négligée ni dissociée de la mission. Tous ces éléments ont contribué, et continuent de contribuer, à soutenir et à affermir mon cheminement vocationnel au sein de la Congrégation du Saint-Esprit.         

                                                                                Dominique Sang NGUYEN, spiritain vietnamien en formation spiritaine à Paris