La spiritualité spiritaine s’inspire largement des conseils que le père François Libermann a laissé à ses missionnaires, à partir de son itinéraire personnel, et d’une tradition missionnaire longue de plus de 300 ans.

Pour Libermann, l’Esprit-Saint tient compte de la personnalité de chacun, de ce qu’il est, et de son histoire L’Esprit agit en chaque missionnaire afin que celui-ci, à la manière de Jésus, témoigne par sa vie des valeurs de l’Evangile.

DISPONIBLES À L’ESPRIT-SAINT

La « vie apostolique », c’est-à-dire la vie et l’action de celui qui accomplit la mission du Christ à laquelle il est appelé, est au cœur de la vocation spiritaine. Elle est selon le P. Libermann : « cette vie d’amour et de sainteté que le Fils de Dieu a menée sur la terre pour sauver et sanctifier les âmes et par laquelle Il s’est continuellement sacrifié à la gloire du Père, pour le salut du monde ».

Prenant Marie comme modèle, le spiritain est appelé à vivre sa mission dans la docilité à l’Esprit-Saint, dans un état habituel de fidélité et de disponibilité, par le don total de lui-même.

Les spiritains sont consacrés à l’Esprit-Saint, auteur de toute sainteté car c’est l’Esprit qui répand dans les cœurs l’amour du Père (Romains 5,5) et qui nourrit le désir de voir cet amour s’établir parmi les hommes.

C’est l’Esprit qui appelle à une conversion continuelle, qui façonne notre vie personnelle et communautaire et qui nous prépare au don de nous-même.

Comment suivre ce chemin ?

Pour Libermann, il ne s’agit rien d’autre que de nous laisser conduire par l’Esprit-Saint sur une route totalement inconnue. « Il n’y a que l’Esprit-Saint qui puisse vous faire avancer… Jésus vous a donné son Esprit pour vous diriger et vous conduire. Soyez docile. Si vous voulez aller seul, vous sortirez de cette voie. Il n’y a que l’Esprit-Saint qui la connaisse et qui puisse vous faire progresser. »

Il faut donc apprendre à écouter la voix de l’Esprit. Parfois, Celui-ci peut agir avec violence ou avec vivacité, mais il agit le plus souvent après un long cheminement et mûrissement des personnes. Sa voix est discrète. Il faut alors se contenter d’avancer au jour le jour, en se laissant conduire par l’Esprit, ne pas rester seulement au niveau de l’intellect ou de la volonté mais descendre au « niveau du cœur » (le terme « cœur » est à comprendre ici dans son sens biblique, pas dans le sens contemporain de l’agir émotionnel, affectif ou spontané).

Descendre au « niveau du cœur », c’est rencontrer Dieu au plus intime de soi. Cette rencontre se vit dans la paix et dans une liberté intérieure, lorsque toute manifestation d’amour propre ou d’égoïsme, tout mouvement d’irritation intérieure ont été écartés.

« L’UNION PRATIQUE » : une VIE SPIRITUELLE dans l’action

Les missionnaires sont appelés à être des hommes ou des femmes d’action. Le P. Libermann a, lui aussi, été un homme surchargé de travail. Cependant, il considère et a souvent répété que la vie active n’est pas un obstacle à l’union avec Dieu, grâce à « l’union pratique ».

« L’union pratique » suppose une prière de rencontre avec Dieu. Dans ce rapprochement, l’Esprit répand l’amour de Dieu dans notre cœur et il agit en nous. Il accroît notre charité et nous communique ses lumières. L’Esprit, par nature, est envahissant, et si nous le laissons agir en nous, il tend à pénétrer tous nos gestes. Il les transforme. Il inspire tout notre comportement. L’Esprit nous apprend à réagir comme naturellement, à la manière de Jésus, Alors, vivant sous la mouvance de ce même Esprit qui a conduit Jésus durant toute sa vie, nous devenons capables d’être les témoins dont l’Eglise, aujourd’hui, a besoin pour répondre aux attentes de l’humanité.

Notre prière et notre activité apostolique sont, de ce fait, étroitement liés et mutuellement complémentaires. L’union à Dieu dans la prière nous conduit à l’action, et l’action vécue dans l’amour du prochain nourrit notre prière. C’est l’interaction entre notre vie de prière et notre vie active.

Cette « union pratique » est comme un instinct du cœur chez celui qui, détaché de lui-même, est « libre de s’occuper des autres et de les amener à Dieu ». Nos joies, nos difficultés et nos souffrances, nos œuvres nos échecs mêmes, sont vécus dans l’Esprit de Dieu. L’union pratique est une façon de vivre dont le secret est d’abord en Dieu car l’Esprit nous communique cet état d’union, à son heure, en tenant compte de notre nature et de notre fidélité à répondre à la grâce du moment.

LA SIMPLICITÉ

Le P. Libermann conseille à ses missionnaires un grand principe de vie spirituelle qui est de simplifier les choses le plus qu’on peut : « plus notre conduite est simple et uniforme, plus elle est parfaite et plus aussi nous nous soutenons facilement… La véritable simplicité, il y aurait bien des choses à en dire parce que généralement, on ne la connaît pas. On la regarde comme une chose ordinaire, et c’est cependant la vertu des parfaits ».

La vie liturgique et de prière est donc simple et sobre : prières communautaires de l’Office, Eucharistie quotidienne, prière personnelle et méditations bibliques, prière du chapelet. Pas de longues prières à réciter, ni de rites particuliers ou compliqués, célébrés avec une gravité affectée.

La famille spiritaine célèbre d’une manière spéciale la fête de Pentecôte et celle du Cœur immaculé de Marie, ainsi que les anniversaires des deux fondateurs, le 2 octobre pour Claude Poullart des Places (1679-1709) et le 2 février pour François Libermann (1802-1852).

Des livrets de spiritualité spiritaine peuvent nourrir votre prière et votre réflexion

« L’oraison, voilà une grande affaire, mais une affaire bien simple… Elle doit consister dans un repos bien simple, paisible et plein de confiance devant Notre-Seigneur ; voilà tout. Il ne faut pas chercher beaucoup de réflexions, ni produire beaucoup d’affections. Il ne faut pas qu’il y ait de choses forcées de votre part. »