La quête de l’Épiphanie* a pour but « de promouvoir et de développer toutes activités d’assistance et de bienfaisance en faveur de l’Église catholique en Afrique ».
En 2022, 224 diocèses dans 28 pays d’Afrique ont bénéficié du partage de la quête de l’Épiphanie faite dans tous les diocèses de France – 3 000 € par diocèse africain. Cette quête est gérée et distribuée par l’association Aide aux Églises d’Afrique.

L’Afrique est une terre créée par Dieu, qui désire vivre dans la paix malgré ses diversités. L’Afrique, terre aimée de Dieu, continent du soleil et d’une riche diversité attendait l’Évangile. Elle est une terre propice pour une éducation à la paix et une expérience toujours nouvelle d’une unité possible par la foi dans la diversité culturelle.

Les peuples d’Afrique sont parmi les plus éprouvés du monde. Il se pose tout naturellement la problématique de répondre aux défis d’une paix intérieure à même de catalyser un épanouissement vertueux des peuples et terres d’Afrique, au regard de leurs richesses humaines, naturelles et culturelles, dans leur aspiration à vivre en paix entre eux et avec le monde.

Diversité des peuples

L’Afrique porte l’une des densités ethnolinguistiques les plus complexes au monde. C’est une telle myriade de peuples qu’il est risqué de regarder comme un corps culturel homogène du Nord au Sud et d’Est en Ouest. Les peuples d’Afrique sont marqués par une diversité d’attentes de paix, c’est pourquoi beaucoup de prudence est nécessaire dans les transferts des solutions de paix qui leur sont proposées.

Diversité des terres

De même que pour sa diversité humaine et culturelle, l’Afrique présente des terres hétérogènes.
Arides et hostiles au Sahara, asséchées dans l’est, tropicales et humides dans le centre. Mais chaque peuple fait l’effort de transformer ses terres pour se nourrir. Ceci non sans devoir s’opposer, lutter, soulever des conflits avec ses voisins. La question de la terre en Afrique ne peut être dissociée des frontières puisque la plupart de celles-ci ont scié les ponts culturels qui existaient. La diversité des terres s’ajoute à celle des peuples et rend encore plus complexe le service de la paix sans considérer la pluralité de ses attentes.

Quelles peuvent être les attentes de paix pour les peuples et terres d’Afrique ?

L’Afrique, des peuples et une terre pour la paix, recherchera une harmonisation de la diversité de ses peuples pour continuer d’exprimer séparément leurs richesses particulières tout en mettant la paix comme premier objectif. Il faudra avancer vers une harmonisation de l’accès aux terres qui servent la paix, en dialoguant pour l’utilisation des ressources (eau, culture, aliments, bétails…) et en levant les obstacles qui sont un frein à l’établissement de la paix (langues, monnaies, frontières).
Cette recherche est possible parce que l’Afrique est anthropologiquement une civilisation de hautes valeurs de paix et d’harmonie interculturelle. Le dialogue entre les différences est déployé dans chaque portion de village africain. La gouvernance de chaque unité sociale, la famille par exemple, répond à un ensemble de valeurs qui rend possible la cohésion des peuples et des terres vers cette paix profonde.

Il faudra attendre une mise à distance de l’européocentrisme pour que la diversité des peuples du continent africain entre dans une acceptation à se recevoir comme projet africain dans les mains de Dieu. Les catholiques d’Afrique ont perçu que le Seigneur les envoie au milieu des leurs. Ce furent les premières ordinations d’africains qui établirent durablement l’Église au cœur d’une culture chrétienne d’Afrique. Cet accueil de la foi se fit au cœur d’une culture qui percevait progressivement que la venue du Sauveur ne venait pas l’anéantir mais la purifier et l’éclairer. Le Seigneur est l’astre venu d’en haut pour éclairer les nations. Cela ne pouvait pas se faire sans l’inculturation, une vie ecclésiale authentiquement catholique et profondément africaine.
L’Évangile y apparaît comme un principe unificateur, un levain dans la pâte. L’Évangile ne dissout pas les cultures, il les respecte.
Nous sommes tous invités, catholiques africains et européens à devenir la parole de Dieu en actes dans nos peuples. Le pape François invite tous les catholiques à se laisser renouveler sans chercher à fuir la réalité de nos sociétés, mais en y plongeant par amour du Seigneur et des frères. Saint François de Sales aimait à prêcher qu’il nous faut fleurir là où Dieu nous a plantés.

La mission génère l’unité et la paix

Une lecture seulement spirituelle risque de nous faire perdre de vue que l’évangélisation des cultures a toujours opéré une unification dans les peuples, les villages et
les familles. L’Afrique d’aujourd’hui est une terre d’espérance, car si la diversité de ses peuples sur une même terre garde ses fragilités, la diversité comprise comme résultante de l’histoire convoque le besoin naturel de ponts.
Ces passages parfois fragiles et jetés dans le vide des différences humaines, manifestent l’alliance de l’Unique avec la diversité, les noces éternelles que Dieu propose à l’humanité. Et nous savons tous que les alliances produisent la paix, et la paix engendre la liberté. Aussi cette belle terre d’Afrique, caractérisée par la diversité de ses peuples, a besoin chez elle de nouveaux ponts vivants, de missionnaires comme Paul qui s’est fait grec avec les grecs et juif avec les juifs, par le truchement de la
culture. Ces apôtres de la nouvelle évangélisation sont déjà les artisans de paix.
Pas de paix sans unité, pas d’alliances sans la diversité, pas d’apostolat sans joie, pas de sainteté sans amour. L’œuvre de l’Esprit s’accomplit avec les Africains dans le cénacle de l’Afrique qui attend son effusion pour en être renouvelée.

Mgr Georges Colomb
Évêque de La Rochelle et Saintes
Directeur national de la quête Pro Afris
Vice-président d’Aide aux Églises d’Afriqu*Tous les versements sont à libeller et à adresser à Aide aux Églises d’Afrique


* Chèque à adresser à Aide aux Églises d’Afrique, 5 rue Monsieur, 75007 Paris 01 43 06 72 24 – bureau.aea@gmail.com – aea.cef.fr – aideauxeglisesdafrique