Photo tirée du film Brother. Le genre humain

Le 3ème dimanche de l’Avent est dédié à la joie!

Nous la sentons en particulier dans les 3 premières lectures, psaume compris. La joie n’est donc pas réservée au Nouveau Testament, elle fait partie de l’ADN de toute personne humaine, depuis les origines de l’humanité. Ce qu’apporte la foi, c’est qu’elle oriente cette joie vers sa source la plus profonde : la présence de Dieu parmi nous, et donc, en définitive, vers le Christ, Emmanuel, Dieu-avec-nous.

Cette semaine, nous avons fêté l’Immaculée Conception. Une fête qui, en tant que lyonnais, m’est chère : lumières, processions, chants, sentiment d’unité et d’amitié, le tout dans les premières lueurs de Noël et tous les rêves qui l’accompagnent…

Cette année, le 8 décembre, en fin d’après-midi, à Port-au-Prince, je suis allé me promener sur la place centrale de la ville où un grand rassemblement avait été organisé par une paroisse dédiée à l’Immaculée. J’ai été surpris par la joie si communicante qui animait la foule. Des jeunes, très nombreux, des enfants, des anciens… presque tous vêtus d’un T-shirt aux couleurs de la Vierge… il y avait comme un souffle vivifiant de paix et joie.

Et pourtant… ces gens traversent depuis plus de 3 ans une crise sociale et politique sans précédent (sans compter la crise sanitaire) qui les maintient dans une situation proche de la survie.

D’où venait donc leur joie ? De leurs conditions de vie actuelle ? Certainement pas. De leur foi ? Peut-être, mais avant tout de la possibilité de se retrouver après des mois de privation, de la possibilité de faire peuple dans un pays miné par la division, l’insécurité et la peur. Il a bien quelque chose d’indestructible en chacun(e) : le désir de vivre, en frères et sœurs, tout simplement. La foi, et la figure mariale, est ici un solide vecteur d’unité. Un grand ‘RECONCILIATION’ était affiché sur la place et les chants, lancés du podium central, repris à l’unisson. Ça faisait plaisir, vraiment !

Sophonie invitait lui aussi, en son temps, ses auditeurs à la joie. Celle de se savoir accompagné par le Seigneur, même -et plus encore- dans les moments difficiles. Jérusalem était alors menacé par ses ennemis, mais, par-delà les risques venus de l’extérieur, rien n’est à craindre car, assure-t-il « le Seigneur est en toi » ! et, promet-il : « il dansera pour toi avec des cris de joie » !

Notre Dieu connait nos souffrances et nos errances… mais il ne renoncera jamais à nous communiquer sa joie, qui pourra les traverser.

Paul est sur la même ligne lorsqu’il s’adresse aux Philippiens. Il est probablement en prison quand il rédige sa lettre. Et pourtant… cela ne l’empêche pas d’inviter à la sérénité, à l’action de grâce et même à la joie car la paix de Dieu, dit-il, « dépasse tout ce qu’on peut imaginer ». L’Avent est un temps privilégié pour adresser au Seigneur nos demandes et laisser place à l’inimaginable avènement du Christ.

A la lecture de l’évangile, on ne peut pas dire que la joie caractérise en premier lieu les paroles de Jean Baptiste. Ce serait plutôt l’ardeur et la vigoureuse invitation à la conversion.

Et pourtant… les gens qui venaient à lui le faisaient librement, et ils étaient nombreux nous dit Luc. Ils étaient issus de toutes les couches de la société, et ils devaient bien ressentir une certaine joie à se trouver là, se faisant baptiser les uns après les autres…

L’Esprit-Saint, explicitement nommé par le Baptiste, était bel et bien déjà à l’œuvre. Il préparait les chemins du Seigneur en suscitant l’unité des enfants de Dieu, en appelant au renouveau des cœurs et des esprits.

« Que devons-nous faire ? » demandaient-ils tous.

Vivre simplement répondait le Précurseur, les mains ouvertes à la présence de son prochain et à la présence encore inconnue de celui qui devait venir parachever le baptême reçu… Celui devant qui l’on s’inclinera et dont la force fera plier tout obstacle.

Jésus, qu’il désigne, viendra plus humblement qu’il l’avait sans doute imaginé, mais, précisément par cette humilité, il désarmera les puissants et élèvera les petits.

« Que devons-nous faire ? » devons-nous aussi nous demander?

La liturgie de ce dimanche nous aide à découvrir que les appels de l’Esprit-Saint sont source de joie. Ceux qui s’approchent du Seigneur la ressentent. Nous vivons dans un monde accablé par toutes sortes de problèmes : la pandémie, la division, les abus, la violence… Et pourtant la joie est à notre portée. Elle n’est pas quelque chose de superficiel ou d’éphémère. Elle est don de Dieu. Elle vient de la certitude que le Seigneur est, et restera, proche de nous.

Un hymne de l’Avent redit, aujourd’hui encore, notre espérance : Chantons-le :

Aube nouvelle, dans notre nuit. Pour sauver son peuple, Dieu va venir. Joie pour les pauvres, fête aujourd’hui Il faut préparer la route au Seigneur

Bonne nouvelle, cris et chansons Pour sauver son peuple, Dieu va venir Voix qui s’élève dans nos déserts

Il faut préparer la route au Seigneur Terre nouvelle, monde nouveau Pour sauver son peuple, Dieu va venir

Paix sur la terre, ciel parmi nous Il faut préparer la route au Seigneur

 

Bonne marche vers Noël !

 Benjamin OSIO, spiritain à Port au Prince en Haïti